Les pompiers sont-ils en surpoids?

A en croire une enquête annuelle du service externe pour la prévention et la protection au travail IDEWE, 64% de nos pompiers seraient "en surpoids", et 19% carrément "obèses". 

"C'est beaucoup, commente le professeur de sciences du travail Lode Godderis (KU Leuven). Une bonne condition physique et un poids sain sont pourtant importants pour qui doit en cas d'incendie transporter quelqu'un dans les escaliers."

Mais sur quoi ce constat se base-t-il?

De manière assez simple, sur l'indice de masse corporelle (simplement appelé IMC) dont la formule l'est tout autant : vous prenez votre poids, que vous divisez par votre taille au carré (pour les matheux, IMC = poids / taille²). 

Avec un IMC supérieur à 30, vous serez considéré comme "obèse" ; s'il navigue entre 25 et 30, vous serez vu "en surpoids" ; enfin, s'il est entre 18.5 et 25, vous pouvez souffler, tout va bien.

"Pas le bon outil"

Nous nous sommes rendus à la caserne de Sambreville, pour vérifier si, oui ou non, nos pompiers étaient en surpoids.

Dans la salle de sport du bâtiment, nous retrouvons justement trois pompiers aux âges, tailles et poids bien différentes.

Tout d'abord, l'adjudant Didier Zavarise, occupé à soulever de la fonte. Il a 58 ans, mesure 1.66m et pèse 76kg. En un coup de calculette, son IMC tombe : 27.58. "A en croire cette enquête, voyez par vous même, je suis en surpoids". Une conclusion étonnante lorsque sait que Didier Zavarise est le responsable physique de toute la caserne et qu'il soulève des fontes sans interruption le temps de notre visite. "Cet indice n'est pas le bon outil pour évaluer les aptitudes d'un pompier. Il y a tout type de morphologie ici."

A la gauche du lieutenant, on retrouve l'officier Stéphane Falque, 43 ans, 1.77m, 74 kg. Un IMC de 23.62 qui flirte avec le surpoids, alors que l'homme pédale avec cadence sur un vélo. "C'est de la récupération pour éliminer les toxiques. J'ai couru Paris-Roubaix ce weekend en amateur." Pour le cycliste plus qu'aguerri, cette enquête de l'ADEWE importe peu, tant "les chiffres peuvent tout et rien dire".

Chaque caserne a son propre programme

Dernier pompier à passer au crible, l'adjudant Richard Coqu, 52 ans et des mensurations impressionnantes : 1.98m, 103kg. C'est le spécialiste "grimpe" de la caserne, une pratique qui nécessite une force bien supérieure à la normale. Lorsqu'il apprend que son IMC de 26.27 le place du côté des surpoids, il sourit. "Avec la grimpe, on ne peut pas tricher. C'est de la recherche, de l'intervention. C'est physique, oui." Une manière de gentiment faire comprendre qu'il n'est pas d'accord avec les conclusions de l'ADEWE.

Néanmoins, après une rapide démonstration de grimpe, il pointe une élément intéressant : "Ici, on amène les pompiers du mieux qu'on peut avec un programme, mais ce programme n'est pas fédéral. C'est de l'artisanat, chacun fait comme il veut."

A Sambreville, un programme physique suit effectivement l'état de forme de ses pompiers, avec fiches individuelles et même examen annuel.

Mais en Belgique, une caserne n'est pas l'autre...

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK