Les politiques s'insurgent contre la GPA commerciale, pas les couples

Les politiques s'insurgent contre la GPA commerciale, pas les couples
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Trouver une mère porteuse aux États-Unis : serait-ce la solution pour les couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants ici en Belgique ? Une vingtaine de cliniques et d'agences américaines actives dans ce domaine sont en tous cas présentes ce dimanche à Bruxelles, pour les informer sur leurs services. Des services qu'elles font payer au prix fort. Et cela crée la polémique.

Le cdH, le sp.a ou encore Groen ont réagi. Tous s'opposent à la dimension commerciale de la gestation pour autrui (GPA), telle que pratiquée aux États-Unis.

Petra De Sutter, sénatrice Groen, est aussi gynécologue à l'hôpital universitaire de Gand. Là, elle permet à certains couples de recourir à la gestation pour autrui, mais sans qu'il n'y ait aucune dimension commerciale.

"Ça m'inquiète, parce que ce n'est bien sûr pas du tout le modèle que l'on veut pour la Belgique, commente-t-elle. On est en train de travailler sur un cadre légal pour voir comment on peut légaliser la GPA en Belgique, et on pense évidemment que la GPA commerciale doit être tout à fait condamnée et interdite."

Un contexte altruiste

La GPA se pratique toutefois déjà en Belgique, mais dans certaines conditions. "Ce que nous faisons, c'est par exemple une femme qui porte un enfant pour sa sœur. Il n'y a absolument pas de notion commerciale dans la GPA telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui en Belgique dans certaines cliniques."

"C'est tout à fait dans la tradition belge et européenne : quand il s'agit de dons, lorsqu'on parle de dons d'ovocytes, dons de sperme, dons d'organes, etc. c'est dans un contexte non commercial qu'on le fait, dans le contexte altruiste, et la GPA doit être faite dans la même condition, sinon, on est dans l'abus, on est dans une logique qui n'est pas la nôtre."

Le caractère commercial ne semble toutefois pas rebuter des couples qui n'arrivent pas à avoir d'enfants. Ainsi, 140 se sont inscrits au colloque proposé par une vingtaine de cliniques et agences américaines pour leur vendre leurs services ce dimanche à Bruxelles.

Manifestation contre la gestation pour autrui à l'entrée du colloque

Pour "No Maternity Traffic", il s'agit d'une forme de traite d'êtres humains. Le mouvement qui émane de l'Union Internationale pour l'abolition de la gestation pour autrui, estime inacceptable que des entreprises américaines puissent faire leur publicité en Belgique, alors que notre pays est occupé à créer un cadre légal pour éviter la GPA commerciale.

"La dernière fois que l'on a pu conclure un contrat impliquant une vie humaine, c'était au temps de l'esclavage", s'est exprimé Yves Savary, l'un des manifestants. Les militants se positionnent contre toute forme de gestation pour autrui qu'il estiment "non éthique". "Un enfant qui est retiré à sa maman à la naissance peut présenter de graves séquelles psychologiques", selon un autre manifestant.

La manifestation a été autorisée par les services de police de la Ville de Bruxelles.

T.M. avec D.V.O. et Belga

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