Les personnes souffrant de problèmes mentaux stigmatisées dans certains pays

Dans certains territoires où des conflits armés sévissent depuis des années comme la Palestine, les soignants sont confrontés à la fois à d'énormes besoins en santé mentale et à des patients craignant une forte stigmatisation sociale, souligne Médecins du Monde.

En Palestine, "dans le domaine de la santé mentale, nous manquons de professionnels formés et de structures", a expliqué samedi à l'AFP à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale Noorani Khalfan, qui coordonne les programmes en santé mentale de MDM à Naplouse et Jénine (Cisjordanie). "Nous avons un seul psychiatre pour chacun de nos deux centres spécialisés et comme les besoins sont énormes ici, chacun voit en moyenne 40 à 50 patients par jour, ce qui représente une charge de travail très importante", poursuit-elle. "Il existe ici une stigmatisation sociale très forte liée à la maladie mentale - c'est un de nos plus grands défis - car les gens hésitent à venir parler de ce dont ils souffrent de peur d'être rejetés par leur famille ou leur communauté", ajoute Mme Khalfan. "Une femme ayant l'étiquette +maladie mentale+ aura par exemple beaucoup de mal à trouver un époux et si elle a des enfants ils seront souvent considérés comme malades eux aussi".

En Cisjordanie, les activités en santé mentale de MDM sont particulièrement tournées vers les écoles, explique-t-elle, notamment la formation d'enseignants car "beaucoup d'enfants palestiniens sont affectés par le conflit et l'occupation et souffrent du syndrome de stress post-traumatique qui se manifeste par des peurs, des insomnies, un manque d'appétit et des formes de grave dépression".

La Journée mondiale de la santé mentale célébrée le 10 octobre vise selon l'Organisation mondiale de la santé à "parler plus ouvertement de la maladie mentale".

Selon les statistiques de lOMS, 154 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression, une maladie mentale parmi beaucoup dautres.

(Belga)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK