Les pédiatres sur la rentrée scolaire : "Mettez vos enfants à l'école"

La rentrée est dans un peu plus de deux semaines. Et même si des codes de couleurs ont été pensés en fonction de l’évolution de la propagation du virus, le monde politique, le monde de l’éducation, le Gees et aussi de nombreux parents et enfants se demandent à quoi va ressembler cette rentrée toute particulière.

La Belgian Pediatric Covid-19 Task Force qui rassemblent les spécialistes de l’enfance publie une lettre ouverte cette semaine appelant au retour à l’école de tous les enfants à temps plein dès le 1er septembre. Et ce, avec des mesures réalistes, et quel que soit le code couleur en application là où l’école se trouve.

Anne Tilmanne fait partie de cette task force. Elle est pédiatre et infectiologue à l’Huderf (Hopital Universitaire des Enfants Reine Fabiola). Invitée sur Matin première ce jeudi, elle se veut rassurante auprès des parents. " C’est vrai qu’on parle beaucoup d’augmentation de cas mais c’est quelque chose qui est contrôlé. C’est vraiment surveillé en Belgique. Nous avons énormément d’experts qui se penchent sur la situation. "

Nous insistons pour que les parents mettent leurs enfants à l’école.

Dans nos contacts avec nos patients, on se rend compte que beaucoup de parents hésitent. C’est pour cela que nous avons écrit la lettre : insister sur le fait que la situation reste rassurante pour les enfants. Il est important pour leur bien-être qu’ils puissent avoir des contacts avec d’autres enfants. Mettez vos enfants à l’école. C’est un environnement sécurisé, tout a été fait pour que ça se passe bien. "

La balance bénéfices-risques

Pour la spécialiste, la balance bénéfices-risques penche clairement en faveur d’un retour à l’école. "Le risque zéro n’existe jamais. Mais le bien-être de l’enfant compte aussi. Il n’y a pas que la maladie. On est très rassurés par rapport aux données qu’on a pu collecter depuis le début de l’épidémie. Les enfants sont peu malades et semblent aussi transmettre moins la maladie que les adultes. C’est ce qu’on constate en Belgique mais aussi dans d’autres études, d’autres pays. "

A l’Huderf, l’Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola où Anne Tilmanne travaille, une quarantaine d’enfants ont été testés positifs depuis le début de la crise. "La plupart de ces enfants ont été hospitalisés pour d’autres raisons que le coronavirus. C’est-à-dire qu’on dépiste tous les enfants hospitalisés quelles que soient les causes de l’hospitalisation. Et en effet, on a eu quelques enfants malades."

Les symptômes des enfants sont plus légers

Leurs symptômes sont bien différents de ceux des adultes, précisent la pédiatre. "Ils sont plus légers. Nous n’avons eu que deux patients pédiatriques (des enfants) qui sont allés aux soins intensifs mais seulement pour avoir un support respiratoire extérieur. Ils n’ont pas été intubés."

Comme dans les autres hôpitaux de Belgique, l’Huderf a testé davantage de patients ces dernières semaines. "Contrairement au début de l’épidémie, on est capable de tester les enfants qui ne séjournent pas à l’hôpital. C’est pour cela que l’on compte davantage de cas dans les patients ambulatoires. C’est parce qu’ils sont testés."

Un degré de contamination différent en fonction de l’âge

"Pour les enfants de moins de 12 ans, les études montrent que ce ne sont pas les premières personnes contaminées dans les foyers de coronavirus. Ce sont plutôt les adultes. Dans moins de 10% des cas, ce sont les enfants."

D’autres études ont été menées pour montrer le nombre de particules virales qui ont été retrouvées dans le nez des enfants. "La quantité de ces particules est sensiblement pareille que celle retrouvée chez les adultes. Cependant, les études sur l’épidémie montrent que les enfants restent moins contaminants que les adultes. Les deux données semblent contradictoires mais d’un point de vue pratique, elles sont rassurantes."


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Autre donnée rassurante pour la spécialiste : quand les écoles ont rouvert en juin, on n’a pas constaté de hausse de l’épidémie. "Elle a repris à la mi-juillet donc bien après que les écoles ont été rouvertes. Tous les experts sont donc bien d’accord pour dire que ce ne sont pas les écoles qui pont joué un rôle."

Ce qui est prévu, c’est que la bulle-classe qui doit être fermée et pas toute l’école.

En juin, quand un cas positif était détecté dans une école, c’est bien souvent tout l’établissement qui fermait ses portes. La spécialiste plaide pour une analyse plus fine. "Normalement, c’est juste la classe qui doit être fermée et pas toute l’école. On aimerait aussi faire la distinction entre les contacts non étroits et les contacts rapprochés avec la personne testée positive." Cela devrait permettre aux personnes qui ont respecté les gestes barrières de ne pas se mettre en quarantaine.

La spécialiste plaide aussi pour une différenciation entre zones géographiques pour qu’une école d’Arlon ne ferme pas ses portes si c’est une ville du Brabant wallon où un foyer est détecté, par exemple. Pour cela, il faut un monitoring, plaide la pédiatre.

Port du masque pour les plus de 12 ans ?

S’il est plutôt clair que les moins de 12 ans ne porteront pas le masque, qu’en est-il des ados ? "C’est un élément discuté pour que la rentrée se passe en toute sécurité tant pour les enfants que pour les professeurs et les adultes qui travaillent dans l’établissement scolaire. "

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