Les paysans se sont ligués contre Monsanto et les efforts ont payé

Du maïs génétiquement modifié commercialisé par Monsanto
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Du maïs génétiquement modifié commercialisé par Monsanto - © PHILIPPE RENAULT (maxppp)

D'Europe à l'Amérique latine en passant par l'Afrique et l'Inde, des milliers de paysans se sont élevés contre Monsanto et ses OGM, des efforts qui ont convaincu des décideurs politiques à mieux encadrer le secteur agroalimentaire, selon un rapport d'ONG.

"Là où Monsanto est présent, les semences locales deviennent illégales, la biodiversité disparaît, les terres sont polluées, les paysans et ouvriers agricoles empoisonnés, criminalisés, expulsés de leurs terres", assurent Les Amis de la Terre International, Via Campesina et Combat Monsanto dans leur rapport.

En une quarantaine de pages, le document relate, témoignages à l'appui, les récents combats contre le principal fournisseur de semences génétiquement modifiées. Ce groupe américain, fondé en 1901, s'était par le passé rendu célèbre par des produits chimiques agricoles dangereux pour la santé comme le DDT, ou les composants de l'Agent Orange, un défoliant utilisé par l'armée américaine au Vietnam.

"Ce rapport démontre que les fortes objections des mouvements sociaux et des organisations de la société civile ont un impact sur les décideurs politiques chargés d'encadrer le secteur agroalimentaire et d'édicter les règles en matière de pesticides et de cultures transgéniques", souligne la synthèse du texte.

En Europe, l'opinion publique reste majoritairement opposée à la production alimentaire à partir de semences OGM. Mais la tâche est plus difficile pour les opposants dans les pays en développement ou émergents, note le rapport. Néanmoins des mouvements paysans y ont remporté des succès: le moratoire imposé sur l'aubergine BT, version transgénique de ce légume de base en Inde, le rejet des dons de semences hybrides en Haïti, après une mobilisation massive, en raison des risques pour la souveraineté alimentaire.

Au Guatemala des réseaux anti-OGM ont alerté sur des projets de législation et d'adoption de programmes de développement américains favorisant l'arrivée de semences transgéniques dans le pays.

En Afrique, une Alliance pour la souveraineté alimentaire encourage à ne pas suivre l'exemple de l'Afrique du sud qui a adopté la technologie OGM "bien que les variétés de plantes transgéniques en question (...) ne résistent ni à la sécheresse ni aux inondations", note le rapport.

AFP

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