Les oiseaux se cachent pour ne pas mourir et se protéger des maladies

Un Carpodacus Mexicanus
Un Carpodacus Mexicanus - © Ronaldo Schemidt (AFP)

Le roselin familier, petit passereau d'Amérique du Nord, est un oiseau avisé: lorsqu'un de ses congénères montre des signes de maladie, il se tient prudemment à l'écart de peur d'être infecté, ce qui lui permet également de moins solliciter son système immunitaire.

Chez les roselins comme chez les humains, les défenses immunitaires constituent le premier barrage contre une infection, mais les stratégies d'évitement des individus suspects peuvent également jouer un rôle important, explique à l'AFP Maxine Zylberberg, de l'Université de Californie à Davis aux Etats-Unis.

Pour tenter de comprendre comment les animaux choisissent la meilleure stratégie à adopter, les chercheurs californiens ont mené des expériences sur ces oiseaux très sociaux, aussi appelés roselins du Mexique (Carpodacus mexicanus).

A 26 reprises, ils ont placé de part et d'autre d'un oiseau test une cage renfermant un individu "sain" et un autre auquel ils avaient inoculé une substance produisant les symptômes physiologiques et comportementaux de la maladie.

Avant l'apparition des symptômes comportementaux, l'oiseau test ne montrait aucune préférence statistique pour l'un ou l'autre de ses voisins.

Mais plus ces signes apparaissaient chez le voisin "malade", plus l'oiseau test avait tendance à l'éviter. Et lors du pic de symptômes, 77% des roselins affichaient une préférence marquée pour leur congénère présentant tous les signes de bonne santé, démontre l'étude, publiée dans les Biology Letters de la Royal Society britannique.

Parallèlement, l'équipe dirigée par Maxine Zylberberg a analysé des échantillons de sang des oiseaux test pour comparer leurs défenses immunitaires.

Avant l'apparition des symptômes, ils n'ont constaté aucune différence notable entre ceux qui ont évité leur voisin "malade" et ceux qui s'en étaient abstenus.

Après coup, en revanche, les roselins prudents affichaient un taux d'anticorps et une activité immunitaire plus faible que les autres, ont découvert les chercheurs.

D'autres études sont encore nécessaires pour comprendre les critères qui motivent ces stratégies défensives différentes.

La stratégie d'évitement minimise les risques d'exposition aux agents infectieux mais a également un coût puisqu'elle réduit les opportunités de reproduction, de trouver de la nourriture ou de se défendre contre d'éventuels prédateurs. De la même manière, l'activation du système immunitaire consomme davantage d'énergie, nécessite donc de trouver plus de nourriture et augmente certains risques biologiques.

AFP

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