Les nouvelles prisons ne règlent rien à la surpopulation carcérale

Les nouvelles prisons ne règlent rien à la surpopulation carcérale
Les nouvelles prisons ne règlent rien à la surpopulation carcérale - © RTBF

Une prison flambant neuve a été inaugurée ce 20 mai. La prison de Leuze-en-Hainaut accueillera 312 détenus dès le mois de juillet prochain. Ce nouvel établissement est le quatrième à être sorti de terre depuis 7 mois. Ces prisons sont, on peut le supposer, autant de réponses à la surpopulation carcérale. Selon l'Observatoire International des Prisons (OIP), ce n'est pourtant pas le cas.

Après Marche-en-Famenne en octobre, Beveren en février, le centre psychiatrique de Gand en avril, cette nouvelle prison de Leuze-en-Hainaut offre plus de 300 cellules individuelles. Elle était prévue dans le Masterplan 2008-2016 qui parie sur une politique pénitentiaire plus humaine en vue de la réinsertion des détenus dans la société. De la poudre aux yeux selon l'OIP. L'Observatoire International des prisons estime que la réponse à la surpopulation carcérale ne viendra pas d'une politique fondée uniquement sur la construction de nouveaux établissements pénitentiaires. Selon la présidente de la section belge de l'OIP, Juliette Moreau "ces Masterplans successifs ont comme objectif unique malheureusement de construire des nouvelles places, on parle de 2500 places à l'horizon 2016. Mais on sait que malgré ça il y aura encore plus ou moins 500 places, selon les calculs de la Cour des Comptes belge, qui manqueront dans les prisons en 2016".

Politique sécuritaire

L'OIP dénonce une politique sécuritaire pur jus. Ces nouvelles prisons sont une réponse au délabrement généralisé des établissements actuels mais ce serait là le seul point positif. Sans réflexion de fond, ces nouvelles places dégagées vont vite trouver preneur sans pour autant vider les prisons surpeuplées. "C'est clair que c'est aussi une réponse à la vétusté très importante de plus de la moitié de nos prisons en Belgique", confirme Juliette Moreau, "mais à part cet objectif de lutter contre cette vétusté je dirais, je pense que les Masterplans sont uniquement basés sur une politique sécuritaire et qu'on oublie complètement les réflexions nécessaires indispensables sur le sens de la peine".

Le sens de la peine

Le crédo du Masterplan, c'est pourtant une politique pénitentiaire plus humaine. La ministre de la Justice Annemie Turtelboom (Open VLD) le soulignait aujourd'hui encore lors de l'inauguration de la prison de Leuze-en-Hainaut. Mais pour Juliette Moreau, la ministre n'a pas travaillé sur les causes de cette surpopulation, "l'augmentation du nombre de détentions préventives, l'allongement des peines, la diminution du nombre de libérations conditionnelles et l'augmentation du nombre d'internés, également de malades mentaux dans nos prisons. Tout ça, on ne travaille pas là-dessus. Et donc la surpopulation continue à augmenter. Il manquera encore plus de 500 places une fois que toutes ces nouvelles prisons seront ouvertes".

Radia Sadani

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