Les noms de domaine etatislamique.com et abdelhamidabaaoud.com enregistrés

Un nom de domaine au nom de l'organisateur présumé des attentats du 13 novembre a été enregistré.
Un nom de domaine au nom de l'organisateur présumé des attentats du 13 novembre a été enregistré. - © AFP

L'actualité terroriste récente fait jaillir des idées auprès de certains internautes dans le monde. La RTBF a ainsi constaté que des individus avaient déjà enregistré des noms de domaines liés à des protagonistes des attentats du 13 novembre et du 22 mars, revendiqués par le groupe terroriste Etat islamique.

Salahabdeslam.com et mohamedabrini.com

Ainsi ont été achetés www.etatislamique.com, dans sa nomenclature française. De même, on retrouve l'enregistrement de l'adresse www.abdelhamidabaaoud.com du nom de l'organisateur présumé des attaques de Paris, originaire de Molenbeek-Saint-Jean et mort lors de l'assaut du Raid le 18 novembre 2015 à Saint-Denis. Le web nous renseigne encore que les noms de domaine www.salahabdeslam.com et www.mohamedabrini.com ont déjà été réservés. Pour rappel, il s'agit des deux logisticiens des attaques de Paris et Bruxelles, arrêtés en mars et avril derniers.

Visées propagandistes ou totalement neutres?

A ce stade, les adresses internet sont inactives et ne présentent aucun contenu. De même, aucune extension .be (pour Belgique) n'est connue. Mais la réservation de ces adresses .com pose question. Selon des informations recueillies sur la toile, les différents noms de domaine ont été enregistrés depuis les Etats-Unis et la Roumanie. Quant aux visées des détenteurs, difficile à ce stade de les connaître. S'agit-il d'utiliser ces futurs sites à des fins djihadistes et de propagande? Ou a-t-on affaire à des spécialistes académiques qui souhaitent alimenter des sites d'informations factuelles? Autre possibilité: assiste-t-on à un blocage a priori de ces noms de domaine pour empêcher toute exploitation radicale? Dernière hypothèse: un achat dans le but d'une revente au plus offrant?

Une liste noire impossible à mettre en place

Pour DNSBelgium, l'organisme officiel qui gère les noms de domaine .be, .brussels et .vlaanderen (mais ne les commercialise pas), il est toujours compliqué de connaître les réelles motivations du détenteur d'un nom de domaine. De même, il n'est pas évident d'établir une liste noire des noms de domaine. "C'est impossible", répond Philip Du Bois, directeur général. "Tout d'abord, parce que le contenu de sites aux noms de domaine controversés pourrait finalement être informatif, neutre, pas du tout propagandiste et donc absolument pas en infraction. Ensuite, vous pouvez toujours contourner le blocage de l'enregistrement d'un nom de domaine tel que www.etatislamique.be par exemple." Comment? En enregistrant www.etatislamique1.be ou etatislamique2.be et ainsi de suite. "Ce serait sans fin et impossible à contrôler."

A priori, les marges de manœuvre de DNSBelgium sont limités. A posteriori, un contenu Internet qui se heurte à une infraction pénale pourra toujours être signalé et un nom de domaine bloqué. "Mais pas le site en lui-même", précise M. Du Bois. Et pour autant qu'il s'agisse d'une extension .be. "Nous ne pouvons pas agir sur une extension .com. Ces extensions sont gérées par une société américaine, seule habilitée pour gérer le système", rappelle M. Du Bois. 

A noter que l'enregistrement d'un nom de domaine est payant (moyennant quelques euros) et limité dans le temps. Mais le détenteur initial peut toujours prolonger la durée de sa propriété.

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