Les musulmans célèbrent aujourd'hui l'Aïd el Kébir, la fête du sacrifice

La coutume veut que l’on sacrifie une bête, le plus souvent un mouton, une chèvre ou un bovin, mais sans l’étourdir au préalable. C’est ce qui rend la viande halal. En Flandre, l’abattage sans étourdissement est interdit dans tous les abattoirs depuis janvier. Une telle interdiction entrera également en vigueur en Wallonie en septembre. A Bruxelles, en revanche, la pratique est toujours autorisée à condition d’être effectuée dans un abattoir fixe agréé par l’Afsca, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire. Mais 17 associations demandent au nouveau gouvernement bruxellois d’'interdire définitivement l’abattage sans étourdissement. C’est au niveau européen que le débat sera tranché.

C’est une lettre qui énumère 10 raisons de bannir définitivement les abattages sans étourdissement. Elle est signée notamment par Gaia et l’union professionnelle vétérinaire. Pour Alain Schoonbroodt, son secrétaire, "l’abattage sans étourdissement n’est pas de la chirurgie, c’est de la boucherie. On cite aussi toujours les cas les plus favorables où l’animal ne souffre effectivement que 30 secondes, mais j’ai personnellement été le témoin de scènes d’horreur où l’animal s’est débattu pendant plusieurs minutes."

Electronarcose en Flandre

Aujourd’hui, la Flandre et la Wallonie ont opté pour l’électronarcose qui recourt au choc électrique pour étourdir l’animal ainsi insensibilisé avant d’être tué. Mais la religion musulmane considère qu’une bête abattue alors qu’elle est inconsciente est impure. Et que l’interdiction de l’abattage rituel est une atteinte à la liberté de culte. Plusieurs associations musulmanes et juives avaient d’ailleurs introduit un recours en annulation des décrets flamands et wallons. La procédure belge est aujourd’hui suspendue à un arrêt de la Cour européenne de justice saisie de plusieurs questions préjudicielles sur le sujet. De leur côté, les autorités bruxelloises attendent la réponse de l’Europe pour prendre position.

Il faut également signaler que l’abattage à domicile, par un particulier, reste autorisé, moyennant deux conditions : il faut d’abord s’enregistrer auprès de son administration communale, et ensuite, pour chaque animal, se déclarer deux jours ouvrables à l’avance. Une copie de cette déclaration est nécessaire, ensuite, pour l’évacuation de la carcasse de la bête. L’étourdissement est, en principe, requis, mais les contrôles sont évidemment très difficiles.

En attendant la décision de la Cour européenne, l’abattage rituel est donc toujours autorisé dans la région. Le débat entre éthique et religion est bien loin d’être clos.

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