Un champ de pommes de terre génétiquement modifiées détruit

Entrée interdite sur le champ de pommes de terre génétiqueme,nt modifiées de Wetteren
Entrée interdite sur le champ de pommes de terre génétiqueme,nt modifiées de Wetteren - © NICOLAS MAETERLINCK (belga)

Les militants écologistes ne veulent pas de patates modifiées. Et ils l'ont fait savoir dimanche. Il ont détruit un champ, situé à Wetteren près de Gand, avec 26 rangées de pommes de terre dans lesquelles les chercheurs de l'Université de Gand ont intégré plusieurs gènes pour les rendre plus résistantes au mildiou, ce champignon qui attaque les tubercules.

Une rangée a aussi été plantée par BASF, importante multinationale dans le domaine. Tous deux avaient déposé, l'an dernier, ces demandes d'essai pour tester ces pommes de terre en plein champ  dans des conditions climatiques réelles. 

Depuis, le champ était gardé nuit et jour par des agents. Mais les militants anti-ogm du mouvement de libération des champs avaient prévenu de leur action. Ils étaient là dimanche pour détruire le champ, estimant que ces essais sur un terrain extérieur sont inutiles et dangereux....

Que répondent les scientifiques ?

Ils expliquent que dans nos contrées, la maladie du midiou représente une importante menace pour les cultures. Les traitements nécessaires pour contrer cette maladie coûtent cher aux cultivateurs belges. 

Il leur faut chaque année près de 17 kilos de pesticides par hectare soient 55 millions d'euros par an. Le conseil consultatif de biosécurité qui évalue les risques pour la santé et la biodiversité avait donné un avis positif mais avec de nombreuses conditions sur la superficie du champ, sa sécurisation, le temps de jachère à respecter après l'expérience, tellement de conditions donc qu'on finit par se demander si le dossier, à la base, est si solide que ça. 

40 activistes ont été appréhendés dimanche, ils risquent des poursuites judiciaires. A noter encore que c'est la deuxième fois que ce type d'essai est autorisé : des peupliers ont été génétiquement modifiés pour produire du bioéthanol. C'était en 2008, en Flandre aussi, l'évaluation est toujours en cours.

Sophie Brems et Françoise Dubois

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK