Les medecins veulent un plan d'action contre les agressions

Pour l'instant, les pistes sont toujours en réflexion au sein de l'ordre des médecins.
Pour l'instant, les pistes sont toujours en réflexion au sein de l'ordre des médecins. - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

Que ce soit dans leur cabinet ou lorsqu'ils effectuent des gardes, les médecins le savent, leur travail peut présenter des risques. L'agression d'un médecin forestois, poignardé par l'un de ses patients hier, le rappelle tristement.  Michel De Volder est médecin depuis de nombreuses années. Il est aussi président d'une association de médecins et pour lui la violence est une réalité : "Ce n'est peut-être pas quotidien, mais les agressions sont tout de même bien présentes dans notre métier. On peut avoir des agressions verbales, de petites menaces, telles que 'Docteur, faites-moi une ordonnance, faites-moi ce certificat sinon...'. Et pour s'en débarrasser, le médecin se trouve parfois démuni."

Si peu de statistiques existent, sur le terrain, beaucoup de médecins l'affirment, la violence à leur égard est en augmentation. Pour tenter d'objectiver le phénomène, l'ordre des médecins a ouvert un point de contact sur internet qui permet aux praticiens de signaler un incident. "Le formulaire existe depuis à peine deux mois et nous avons déjà reçu douze signalements" explique le président de l'ordre des médecins Benoît Dejemeppe.  Si la majorité des agressions restent verbales, les agressions physiques peuvent avoir des conséquences dramatiques. Le médecin forestois était entre la vie et la mort. En décembre dernier, le docteur Roelandt a succombé aux coups de couteaux assénés par son patient. Pour tenter de lutter contre cette violence, l'ordre des médecins planche sur un plan d'action: "Par exemple pour les services de garde, il pourrait y avoir un coordinateur de sécurité qui rassemble les informations concernant les difficultés concrètes rencontrées par les médecins dans leur service. Cette personne pourrait également leur être de bon conseil. On pourrait aussi faire en sorte que dans les cas délicats ou douteux, le médecin puisse rencontrer le patient en étant accompagné."

Une liste des patients à risques

Afin de mieux gérer les risques, de savoir aussi qui ils ont en face d'eux, les associations de médecins évoquent la mise en place d'une liste des patients à risques: "Il faut pouvoir avoir un signal d'alarme, explique Michel De Volder. Il y a des hôpitaux qui ont eu l'expérience d'un patient dangereux ou des médecins généralistes informés pour un cas aussi, mais l'un et l'autre ne communiquent pas nécessairement là-dessus. Ce serait un moyen de mieux communiquer entre professionnel sur les situations potentiellement dangereuses."

Pour l'instant ses pistes sont toujours en réflexion au sein de l'ordre des médecins et des cabines des ministres de la justice et de l'intérieur. L'enjeu est important, même si chacun le sait, le risque zéro n'existe pas.

 

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