Les médecins généralistes préfèrent se regrouper

99% des étudiants en médecine générale déclarent vouloir s'associer à d'autres médecins à la sortie de leurs études. Ce chiffre du GBO reflète une tendance lourde et vitale chez les jeunes mais aussi chez les plus expérimentés.

Poussés financièrement par l'Etat grâce au fond de participation baptisé "Impulseo2", pas moins de 1422 médecins généralistes ont décidé de s'associer en 2010. Mais ce chiffre ne s'arrête pas là : ils sont nombreux à avoir également franchi le pas sans aide particulière.

Une entraide

Après 25 ans de pratique solo, Le docteur Philippe Nicaise a décidé de s'associer avec six autres généralistes au centre médical du Chant d'oiseau, à Bruxelles. "Ma vie a vraiment changé, dit-il,depuis qu'on a décidé de se regrouper. J'ai plus de temps pour ma vie privée mais aussi moins de stress. Si je dois faire quelque chose d'autre ou si je suis malade, quelqu'un peut directement m'aider". Le fait que les autres médecins du cabinet peuvent prendre temporairement en charge les patients des uns et des autres représente en effet une véritable sécurité pour ce métier d'indépendants.

Pas de concurrence

Les mentalités changent dans le métier. Et le docteur Nicaise d'ajouter : "Quand je me suis installé il y a 30 ans, on voyait les médecins du voisinage comme des concurrents potentiels mais à présent, on les voit plus comme des collaborateurs et on a davantage tendance à travailler ensemble qu'auparavant".

Le partage des frais et des questions professionnelles

Anne Gilet est la vice-présidente du GBO, le Groupement des Omnipraticiens Belges. Pour elle, "la médecine générale d'aujourd'hui a tendance à se paupériser, et le fait de travailler en groupe, permet de partager certains frais, comme le matériel, le loyer ou l'engagement d'une secrétaire par exemple".

Ajoutons à cela tout l'aspect échange ou partage, qui n'a pas de prix. Pour le Docteur Marco Salavracos, du Centre médical du Chant d'oiseau, "l'aspect le plus agréable de l'association, est la possibilité d'échanges d'idées. Il arrive régulièrement que nous nous consultions pour demander un avis sur un cas particulier. Comme le patient est sur place, cet échange d'idées est très enrichissant pour tout le monde".

Quel intérêt pour le patient ?

Grâce à ces cabinets médicaux, le patient a la certitude d'être suivi en permanence et en temps utiles, dossier en mains, même si son médecin habituel est absent.

Equilibre entre vie privée et professionnelle

La plupart des médecins souhaitent alléger leur charge de travail pour trouver un plus grand équilibre entre vie privée et professionnelle. "Au vu de la féminisation de la profession, dit Anne Gilet du GBO, l'avantage est qu'on ne doit plus exercer un temps plein de 60 heures par semaine. Travailler en équipe permet à la femme de prendre congé le mercredi après midi par exemple".

Cette recherche d'équilibre semble être devenue vitale pour la jeune génération de médecins.

 

I.L. avec Delphine Simon

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