Les marcheurs mais aussi les marcheuses célèbrent la sainte-Rolende

3300 marcheurs se rassemblent pour une procession autour des reliques de sainte-Rolende.
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3300 marcheurs se rassemblent pour une procession autour des reliques de sainte-Rolende. - © Tous droits réservés

Ils ont démarré aux petites heures et commencé à frapper le pavé après une messe dès 3h45. Les quelque 3300 marcheurs de la sainte-Rolende à Gerpinnes rendent hommage à cette princesse lombarde, morte d'épuisement après avoir fui un mariage forcé et à qui on attribue de nombreux miracles. Sa châsse est transportée au son des tambours et des fifres: "Ça amène beaucoup de gens sur les bancs du parc d'Acoz comme vous pouvez le voir, les officiers ont leur plumes avec le beau temps, c'est super beau", explique Adrian Sillien, zouave de 23 ans et... 19 années de marche à la sainte-Rolende.

Ils passent de village en village, d'église en chapelle à travers toute l'entité de Gerpinnes. La chasse contenant les reliques de la sainte est sous bonne garde avec des tromblons, des zouaves mais aussi les cantinières et portes chapeau :"Il faut être sur place pour se rendre compte, tous ces gens venus voir ce que ça représente que ce soit pour le public mais aussi les marcheurs... je ne suis peut-être pas objectif mais ça me dresse les poils sur les bras", décrit avec émotion Philippe Simons.

Le point d'orgue

Pour les marcheurs mais aussi tous les Gerpinnois, cette journée reste un moment de dévotion pour encore de nombreuses personnes qui viennent frotter, toucher la chasse de sainte-Rolende avec leur main, un chiffon, parfois même le doudou de leur enfant: "On dit que ça porte bonheur, que ça apporte des miracles, des guérisons durant toute l'année", explique cette joueuse de flûte de la compagnie de Joncret. Mais c'est aussi un folklore profondément ancré depuis des générations, une fierté à perpétuer.

Femmes, femmes, femmes

Les femmes sont historiquement peu nombreuses parmi les marcheurs. Le folklore tel que connu aujourd'hui a été figé au 19ème siècle, une époque où les femmes restaient avant tout au second plan selon Bertrand Thibaut, sapeur dans la compagnie d'Acoz et auteur d'un ouvrage sur les marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse: "Dans le temps, nous pouvions voir une cantinière par compagnie par exemple mais la situation évolue. Cette marche-ci reste assez traditionnelle mais il y a désormais jusqu'à 5 cantinière et puis dans d'autres marches, il y a carrément de pelotons entiers composés juste de femmes. C'est un folklore très ancien mais qui n'est pas figé pour autant".

Et puis, ces règles ne pose aucun problème du côté des marcheuses. Aucune n'y voit une approche négative ou machiste mais juste le respect d'un folklore séculaire.

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