Les marcheurs afghans passeront la nuit à Affligem

Ils sont entre 250 et 300 samedi matin au départ de l'église du Béguinage
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Ils sont entre 250 et 300 samedi matin au départ de l'église du Béguinage - © Françoise Baré

Ni fait leurs derniers pas : les demandeurs d'asile afghans sont partis ce matin depuis l'église du Béguinage à Bruxelles, direction : la Flandre. Cette fois, c'est à Gand qu'ils ont décidé de se rendre. Ils sont entre 250 et 300 avec un objectif : montrer que les Flamands, sont eux aussi, sensibles à leur combat. Ils sont arrivés à l'abbaye d'Affligem, où ils passeront la nuit de samedi à dimanche.

"La marche s'est déroulée sans problème, nous avons été bien accueillis partout et avons reçu de nombreuses marques de soutien en route", explique le porte-parole.

En milieu de journée, les marcheurs ont fait une étape à Merchtem, où ils ont déposé un billet d'avion symbolique, destination Kaboul, dans la boîte aux lettres de Maggie De Block, qui n'était pas présente pour les remercier de ce "cadeau".

Monseigneur Léonard, qui devait normalement faire une partie du chemin avec les Afghans mais a dû renoncer à ce projet pour cause de maladie, a rejoint les marcheurs à l'abbaye d'Affligem. Lors d'une intervention, il a appelé à la mise en place d'un moratoire sur toutes les expulsions "en accordant, selon les possibilités offertes par la loi, un séjour temporaire à mes frères et soeurs afghans, jusqu'à ce qu'on voie plus clair dans cette situation particulièrement dangereuse et explosive."

Soulignant que sa présence n'a pas pour but de critiquer le gouvernement fédéral et en particulier la secrétaire d'Etat Maggie De Block, Monseigneur Léonard explique son soutien à la cause des Afghans dans le but "d'alerter l'opinion publique pour que, à terme, elle pèse sur l'ensemble du monde politique dans le sens d'une plus grande ouverture quand on envisage de renvoyer des candidats réfugiés dans un pays exceptionnellement dangereux."

Après le sud, le nord

On se souvient de la marche du Collectif vers Mons fin décembre. Cette fois c'est 60 kilomètres à pied en direction du nord du pays que les demandeurs d'asile afghans vont parcourir pour tenter de faire entendre leur voix. Le premier arrêt était donc prévu à Merchtem, chez Maggie De Block.

"Nous ne sommes pas dangereux, mais en danger", peut-on lire sur les calicots qui vont accompagner cette marche. "J'ai pris une couverture avec moi, c'est tout", dit l'un des marcheurs. "Peut-être il y a des Belges qui vont m'accompagner, me donner à manger..."

Un autre explique : "On a absolument un problème pour avoir un permis de séjour. On n'a pas besoin de CPAS ou d'argent, seulement d'un permis de séjour et d'un permis de travail. Ça nous touche quand on dit que les Flamands sont très fermés. Alors on va montrer que c'est pas vrai, on va aller voir la même 'bienvenue" du côté flamand... On va marcher jusque Gand pour parler aux gens dans les rues, pour donner des tracts. Tous les politiciens, actuellement, à cause des élections, ont peur de l'opinion publique et ne prennent pas de décision sur la problématique des Afghans. Mais je pense que les gens comprennent notre situation, que nous venons d'un pays en guerre depuis 30 ans."

Les motivations des Belges du comité de soutien

Un comité de soutien accompagne les Afghans. Des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes. Et pas seulement des utopistes. L'une des accompagnatrice, Isabelle Marchal, explique : "L'Afghanistan est un pays en guerre... Je suis là d'abord pour une raison humanitaire. Et puis je pense que les gens ne sont pas toujours au courant, ils ont des a priori. Ils pensent que les Afghans viennent d'arriver alors que certains sont là depuis plusieurs années, jusqu'à 7 ans, et qu'ils ont travaillé tant qu'ils avaient un permis de travail temporaire. Ces gens ne demandent que ça : travailler, avoir des papiers et non dépendre du CPAS comme on pourrait l'imaginer et qu'on le lit beaucoup sur les réseaux sociaux..."

"Pourquoi soutenir les Afghans en particulier ? Parce que la situation dans ce pays est vraiment catastrophique. Mais la politique de l'immigration est plus globale que cela. L'histoire de l'Humanité n'est qu'une histoire de migrations, alors à un moment donné, il faut arrêter d'avoir peur et se dire que c'est peut-être d'abord une richesse. D'ailleurs une marche, c'est symbolique dans le sens où c'est 'aller vers les gens'. Et à un moment où le repli sur soi devient inquiétant, c'est important d'aller vers les autres quand ils ne font plus la démarche de venir vers vous.Je marche par solidarité parce qu'on a un peu perdu cette dimension collective : il n'y a pas de bonheur individuel possible si au niveau collectif il n'y a pas un minimum de bien-être pour tous. À partir du moment où des gens sont privés de ce minium, c'est toute la société qui en souffre, tôt ou tard. Aujourd'hui les Afghans, demain les Roms, après-demain les chômeurs ou les SDF... Et c'est toujours les mêmes reproches qu'on entend : ce sont des profiteurs, etc. Et quand aura 'karchérisé' les Afghans et les autres, c'est sur nous que cela tombera."

Des méthodes critiquables

Isabelle Marchal pense que le gouvernement devrait reprendre en mains le dossier des Afghans et ne pas le laisser seulement sous la responsabilité de l'administration, des politiques d'asile et migratoire : "La problématique des Afghans est différente dans

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