"Filière syrienne": 20 ans pour Abaaoud et les frères Lachiri, 12 ans pour Zerkani

Un procès sous haute sécurité.
Un procès sous haute sécurité. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Le jugement est tombé ce mercredi 29 juillet à Bruxelles. Les audiences du tribunal correctionnel se sont tenues pendant 6 semaines en mai et juin dernier. Le tribunal correctionnel avait à juger 32 personnes poursuivies dans ce que l'on a appelé communément la filière syrienne. La moitié des prévenus sont jugés par défaut. Ils sont soit encore en Syrie, soit morts durant les combats.

La figure centrale est Khalid Zerkani, un Bruxellois de 41 ans considéré comme un gourou constamment entouré d'une cour de très jeunes disciples. Pour le tribunal, c'est clairement un dirigeant de cette cellule terroriste : il a endoctriné des jeunes de son entourage, a financé leur départ et a fourni toute la logistique nécessaire (faux papiers, passeurs...). Il a été condamné à une peine de 12 ans de prison.

Au cours de ce procès, l'homme a pourtant toujours nié ce qu'on lui reproche, mais le tribunal s'appuie sur de nombreux témoignages qui décrivent Khalid Zerkani comme un mentor à l'idéologie salafiste radicale, coupant progressivement ses jeunes recrues de toutes leurs attaches en Belgique.

Deux à trente ans de prison

Dans l'ensemble, les prévenus risquaient des peines de 2 à 30 ans de prison, c'est ce qu'a requis l'accusation. Pour Zerkani, elle avait requis 15 ans (il a été condamné à 12 ans) . Ces hommes et ces femmes sont poursuivis pour participation aux activités d'un groupe terroriste. Plusieurs sont jugés pour avoir rejoint le djihad armé, d'autres sont désignés comme des recruteurs au sein d'un réseau d'envoi de combattants en Syrie.

Parmi eux, on retrouve encore le cerveau présumé de la cellule de Verviers démantelée en janvier qui était prête à frapper des cibles en Belgique: un Molenbeekois de 27 ans, Abdelhamid Abaaoud, qui avait été pisté en Grèce, mais aurait rejoint finalement les rangs du groupe terroriste État islamique. Ici, il est poursuivi dans le cadre de ce réseau de recrutement et aussi pour avoir "enrôlé" son jeune frère de 13 ans, l'an dernier. Leur père s'est porté partie civile. Abaaoud a été condamné à une peine de 20 ans.

La lecture du jugement se poursuit ce mercredi après-midi. Les enquêtes policières avaient démarré en 2012. Elles avaient abouti à un vaste coup de filet, 55 perquisitions et 74 interpellations.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK