Les jeunes adultes n'ont pas été épargnés par l'épidémie de coronavirus, ils témoignent

Depuis le début de l'épidémie du coronavirus, les médias nous serinent que les personnes âgées, immunodépressives, cardiaques, diabétiques sont plus fragiles et présentent plus de risques que le reste de la population. Résultat, certains jeunes adultes ne se sont pas du tout sentis concernés par l'épidémie.

Et pourtant, les cas de jeunes de moins de 40 ans atteints de Covid-19 parfois assez sévères ne sont pas rares. Ils représentent 7% des patients hospitalisés. 

"J’avais l’impression que la moitié de mes poumons étaient partis. Je pensais avoir 88 ans. J’avais mon cœur qui battait très très vite alors que j’étais couchée dans mon lit", voilà quelques-uns des symptômes rapportés par ces jeunes adultes.

Si la plupart d’entre eux n’ont pas été hospitalisés, ils n’en ont pas moins souffert pendant parfois près d’un mois après les premiers symptômes.

Elle pensait avoir perdu la moitié de ses poumons

Claire a 33 ans. Elles télétravaillait chez elle lorsque les premiers symptômes sont survenus. Elle nous les décrit : "J’ai commencé à avoir très mal dans les bronches puis un essoufflement assez caractéristique".

Claire ne fait pas de fièvre mais, comme ses symptômes persistent, elle décide de consulter son médecin. Celui-ci lui diagnostique le Covid-19. Au bout de 15 jours alors qu'elle se sent guérie, elle décide de faire du vélo: "Après dix minutes, je me suis rendu compte que ce n’était vraiment pas une bonne idée. J’ai commencé à avoir très mal et à être essoufflée. J’avais l’impression que la moitié de mes poumons était partie".

Elle ne s’est pas encore rendue dans un hôpital, mais elle compte bien faire un scanner prochainement.

Il se sentait invulnérable, il a passé 31 jours à se soigner

Thomas, lui, a 38 ans. Il est en bonne santé et très sportif. Au début de l’épidémie, il ne se sent pas du tout concerné par ce qui se passe : "Pour tout dire, je me sentais invulnérable", nous confie-t-il.

Mais au cours d’une promenade en ville fin mars, tout bascule. En remontant une rue en ville, il comprend qu’il n’a plus de souffle. Il se sent comme une personne très âgée.

Pendant 31 jours, il va devoir cohabiter seul avec le virus. Les coups de fil de son médecin ponctuent sa traversée de désert. L’inquiétude s’insinue : "J’avais peur de ne pas savoir comment ça allait évoluer. Cette incertitude me pesait. Heureusement que j’ai été accompagné par mon médecin".

De soignante à patiente

Kiwi a 26 ans. Elle est en dernière année de médecine. Lorsque l'épidémie commence, elle décide de se porter volontaire aux urgences de l'hôpital Chirec à Braine-l'Alleud. Mais après cinq semaines, de soignante, elle va basculer dans le statut de patiente. Pourtant, rien ne la prédisposait à faire une forme sévère de Covid-19. Elle n’est pas une personne à risque. Elle est jeune et en bonne santé.


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Cependant, elle ressent des symptômes d’essoufflement et surtout des palpitations cardiaques anormales. Elle décide de faire une prise de sang dans le service où elle travaille. Mais aux urgences du Chirec, ils préfèrent la garder pour surveiller ses paramètres de santé.

Finalement, elle va devoir rester six jours à l’hôpital dont trois aux soins intensifs. Elle portera ‘une lunette’, un petit respirateur pendant un jour. Kiwi n’a jamais eu vraiment peur et elle s’est sentie bien prise en charge par ses collègues. Pour ses proches, c’est une autre affaire. Ils ne pouvaient pas lui rendre visite et les nouvelles alarmistes s’additionnaient jour après jour. Finalement, l’angoisse s’est transformée en belle frousse rétrospectivement.

Aujourd'hui encore, 12 heures de sommeil par jour

Aujourd'hui encore, Kiwi doit dormir en moyenne 12 heures par jour. Lorsqu’elle rend visite à l’une de ses collègues, celle-ci lui confie : "On n’a encore eu plusieurs jeunes, plus jeunes que toi que nous avons du mettre en surveillance aux soins intensifs, notamment pour des atteintes cardiaques."

Des symptômes cardiaques chez de jeunes patients

Manque de souffle, problèmes cardiaques, les symptômes de covid sévère se sont multipliés chez les jeunes. Un comble pour une génération réputée épargnée. Kiwi n’en revient toujours pas : "Les médias nous serinent que nous ne sommes pas concernés. On a donc tous dans la tête que nous n’aurons pas de problèmes. Et puis des symptômes particuliers apparaissent et nous nous rendons compte que nous ne sommes pas à l’abri. "

Kiwi, Thomas et Claire le savent désormais, ils ne sont pas invulnérables mais simplement heureux d'être toujours vivants. Plus de 100 patients de moins de 40 ans ont dû être hospitalisés depuis le début de la crise du coronavirus en Belgique.