Internement : 600 personnes encore en prison en Belgique

Des patients psychiatriques à l’hôpital de Tournai
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Des patients psychiatriques à l’hôpital de Tournai - © ERIC LALMAND - BELGA

En quatre années, le nombre d’internés dans les prisons belges a été divisé par deux. Les premiers résultats du master plan de la ministre de la santé Maggie De Block. Mais selon Marie Berquin, président de l’Observatoire International des Prisons en Belgique, " il faudrait qu’il n’y ai plus du tout d’internés en prison (…) "

En 2014, les patients psychiatriques dits " internés ", les personnes ayant été déclarées irresponsables de leurs délits ou crimes pour cause de maladie mentale, représentaient quasiment 10% de la population carcérale en Belgique, soit presque 1100 personnes. Cinq années plus tard, il semble que la Belgique aies fait un gros effort en la matière puisque le nombre des personnes emprisonnées dans les ailes psychiatriques des prisons a été quasiment divisé par deux entre 2014 et 2017. Il n’en resterait plus que 600 aujourd’hui. C’est la construction en Flandre de deux centres de psychiatrie légale et le transfert de ces internés vers des structures classiques qui sont à l’origine de cette baisse.

C’est quelque chose qu’il faut clairement laisser à la ministre

Pour le docteur Pierre Titeca, psychiatre et responsable du centre hospitalier Jean Titeca à Schaerbeek, "C’est quelque chose qu’il faut clairement laisser à la ministre (ndlr : Maggie De Block). Elle a dégagé dans son master plan, je pense, entre 400 et 500 millions d’euros (…)". Ces sommes auront donc permis l’ouverture des deux nouveaux centres à Gand et Anvers. Des centres qui servent d’étape intermédiaire et permettent de sortir les "internés" de prison.

Mais pour Marie Berquin, présidente de la section belge de l’Observatoire International des Prisons (OIP), les 600 internés qui sont toujours pris en charge par des prisons n’ont rien à y faire : "On ne peut pas maintenir des personnes qui sont malades mentalement dans des prisons. D’abord parce que c’est un système purement carcéral, et puis parce que les prisons ne sont pas du tout adaptées au niveau des soins". La présidente de l’OIP en Belgique rappelle au passage qu’il "(…) faudrait qu’il n’y ait plus du tout d’internés en prison". Selon elle, il faut également revoir la compétence des personnes concernées par la "loi de défense sociale" qui sont pour l'instant dans le giron du SPF justice, alors qu'ils pourraient également relever du SPF santé publique.

 

Archives : Journal télévisé 28/05/2014

En 2014, la Belgique a été condamnée par la Cour européenne dans ce dossier.  La Cour dénonçait le fait que des personnes ayant commis un crime ou un délit à cause de leur maladie mentales se retrouvent en prison, au lieu d'être soignées.

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