Les infirmiers des soins intensifs subissent une charge de travail excessive

Les infirmiers des soins intensifs subissent une charge de travail excessive
Les infirmiers des soins intensifs subissent une charge de travail excessive - © SISKA GREMMELPREZ - BELGA

D’après une étude effectuée dans 16 hôpitaux de Fédération Wallonie-Bruxelles, les infirmiers des unités de soins intensifs subissent une charge de travail deux fois supérieure à la norme prévue pour le personnel. "La charge de travail est telle qu’un infirmier ne sait s’occuper que d’1,5 patients, alors que la norme prévoit un infirmier pour trois patients", explique Arnaud Bruyneel, l’un des auteurs de l’étude et président de l’association francophone des infirmiers de soins intensifs SIZ Nursing.

L’étude, effectuée en 2018 par l’asbl dans 16 hôpitaux, dont les CHU Tivoli (La Louvière) et Marie Curie (Charleroi), l’hôpital de Jolimont ou encore les cliniques de l’Europe (Bruxelles), montre qu’un patient prend en moyenne 68,6% du temps d’un infirmier par jour. "Ce qui représente un rapport infirmier par patient de 1/1,5, soit le double de ce que prévoit l’arrêté royal sur les normes en personnel infirmier aux soins intensifs", commente Arnaud Bruyneel.

C’est un cercle vicieux

Selon lui, le travail au sein des unités de soins intensifs a fortement évolué au cours des dernières décennies. "Les patients sont de plus en plus âgés, présentant parfois plusieurs maladies, et les durées de séjour sont de plus en plus courtes, ce qui conduit à des soins et des procédures plus complexes, une surveillance plus étroite et donc une augmentation de la charge de travail des infirmiers".

L’étude montre également que les tâches administratives augmentent, le personnel infirmier y consacrant 15% de son temps.

"C’est un cercle vicieux", estime le président de la SIZ Nursing. "Cette charge de travail excessive est un facteur essentiel à la durée de carrière restreinte des infirmiers qui alimente la pénurie et le calvaire de la profession en Belgique."

Après la grève du personnel des unités de soins intensifs et des urgences du CHU Brugmann, début mai, Arnaud Bruyneel appelle à une revalorisation du métier. Dans les unités de soins intensifs, "la norme en personnel, qui date de 1998, doit être revue à la lumière de la réalité du terrain et des données scientifiques", argue-t-il.

Ce lundi, le personnel des hôpitaux publics bruxellois du réseau Iris est en grève pour dénoncer la charge de travail toujours plus lourde dans l’ensemble des services et le sous-financement des établissements de soins de santé. Des actions spontanées seront également organisées tous les mardis dans les hôpitaux.

En mai dernier, une équipe du Journal télévisé s'est immergée dans le quotidien du personnel de l'hôpital de Jolimont, à La Louvière.

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