Les Hôpitaux de Paris ont bouclé leur plan de réorganisation

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Les Hôpitaux de Paris ont franchi mercredi une nouvelle étape de leur réorganisation avec l'adoption de leur plan stratégique 2010-2014, faisant le pari de concilier un projet médical ambitieux avec une rigueur budgétaire synonyme de milliers de suppressions de postes.

Le conseil de surveillance de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a adopté, avec 10 voix pour et 5 contre, ce plan qui trace les grandes orientations du principal groupe hospitalier français jusqu'en 2014 et dont la préparation a suscité de vifs remous en interne et sur le plan politique.

Un vote négatif du conseil - composé de 5 représentants des collectivités territoriales, 5 représentants du personnel et 5 personnalités qualifiées - n'aurait pas bloqué les projets de la direction, mais constitué un nouveau contretemps.

La manifestation d'un millier de personnels en mars devant le siège de l'AP à Paris ou encore la menace de démission de centaines de médecins de leurs responsabilités administratives avaient marqué les esprits et conduit la direction à prolonger la concertation en interne.

"Le pari du plan stratégique, qui n'est pas gagné d'avance, c'est qu'à travers la réorganisation, l'AP-HP va gagner en efficience", a dit à l'AFP le président du conseil de surveillance, Raoul Briet.

Le plan vise notamment à relever le défi des nouvelles techniques médicales et à adapter l'AP aux évolutions des besoins de santé (maladies chroniques, cancers), tout en sortant les comptes du rouge dès 2012, alors que le déficit 2010 devrait atteindre 95 millions d'euros.

Il s'appuie sur une profonde réorganisation, avec le regroupement de ses 37 établissements en 12 groupes hospitaliers. Cette réorganisation doit permettre de mutualiser moyens humains et matériels, donc de faire des économies tout en proposant une offre de soins moins éclatée.

Certains transferts prévus d'activité entre établissements, comme ceux de la pédiatrie très spécialisée de l'hôpital Trousseau, ont cristallisé la contestation, mais le plan stratégique n'entre pas dans les détails des transferts.

Le plan évite aussi soigneusement d'évoquer un objectif de suppressions de postes, alors que la direction a déjà publiquement évoqué le chiffre de 3 à 4.000 d'ici 2012 (sur un effectif total de 90.000 personnes).

Mais il prévoit clairement que le gros des économies se fera sur les dépenses de personnel, par des non-remplacements de départs.

"C'est un plan soumis avant tout à des objectifs d'économies", a estimé Rose-May Rousseau (CGT), l'une des deux représentantes du personnel non médical au conseil de surveillance, qui ont voté contre le plan. "On a déjà supprimé 3.000 postes en 3 ans, on va en supprimer 4.000, jusqu'où ira-t-on?", a-t-elle poursuivi.

Les trois autres votes négatifs sont venus des représentants socialistes de Paris et de la région Ile-de-France.

"Les suppressions de postes vont entraîner une baisse de l'activité et donc du déficit, elles remettent en cause la qualité des soins", a dit à l'AFP Jean-Marie Le Guen, conseiller PS de Paris. Il a jugé que le volet médical du plan contenait des "éléments intéressants".

Pour mettre en oeuvre son plan, l'AP-HP va désormais devoir négocier avec l'Agence régionale de santé (ARS) un contrat d'objectifs et de moyens pour les années à venir.

Ce sera avec un nouveau directeur général des Hôpitaux de Paris, l'actuel occupant du poste, Benoît Leclercq ayant annoncé en interne, selon plusieurs sources à l'AP-HP, qu'il allait quitter son poste dans les prochains jours.


AFP

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