Les hommes réfractaires aux tâches ménagères ont diminué de moitié en 10 ans

C'est un des débats qui a agité l'espace médiatique ce lundi matin: ainsi, l'émission "C'est vous qui le dites" sur Vivacité lançait son débat en direct avec les auditeurs en regrettant qu'"En Belgique, les hommes aident de moins en moins dans les tâches ménagères. S’ils étaient 48% à cuisiner ou s’occuper du linge en 2005, ils ne sont plus que 32,5% selon les derniers chiffres."

L'émission se basait sur les chiffres cités par Le Soir dans son édition de lundi, tirés en fait du "Gender Equality Index 2017", l'index européen de genre qui analyse en fait les inégalités Homme/femme dans toute l'Union selon une série de critères allant du taux d'emploi, à l'accès à l'éducation en passant par la représentation politique. 

En se basant sur cette étude, le Soir l'affirme: en termes de tâches domestiques, "l’égalité ne progresse pas. Pire: elle régresse. Surtout en Belgique!". Et de détailler: "En 2005, 48% des hommes belges s'affairaient aux fourneaux ou autour du panier à linge au moins une heure par jour. Ils ne sont plus que 32,5% en 2015".

Un constat... que personne ne s'explique. Interrogé par Le Soir, Jeroen Decuyper déclare "Pourquoi une telle diminution maintenant, et particulièrement en Belgique? Nous n'avons pas encore trouvé d'explication".

Même constat dans les réactions Facebook sur le post Facebook de "C'est vous qui le dites", plusieurs hommes expliquent tout faire chez eux, et certains remettent même en question le sondage: "Fake news! Qui a été sondé?" s'interroge ainsi Matthieu.

Des chiffres surprenants... en 2005

Nous avons justement voulu retrouver les résultats exacts de ce sondage. En fait, pour établir son index, l'Institut européen pour l'égalité des genres compile une série de "micro-données" tirées d'autres études européennes. En l'occurrence, celles d'Eurofound, c'est-à-dire la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et de travail, qui publie notamment deux types de sondages, l'un sur la qualité de la vie en général, l'autre plus centré sur les conditions de travail. 

Les chiffres cités par Le Soir sont ceux de l'étude sur la qualité de vie (EQLS), utilisés par l'Institut pour établir son "Gender Equality Index 2016", et qui affichent effectivement une évolution surprenante. En y regardant de plus près, ce sont les chiffres de 2005 qui étaient cependant surtout surprenants, avec 47,8% des hommes qui déclaraient s'occuper de la cuisine ou du ménage TOUS les jours, alors que la moyenne européenne était de... 34,2%. 

Y a-t-il eu un biais? Bien que la méthodologie reste la même, les instituts et les échantillons, voire la façon exacte de poser les questions peuvent légèrement évoluer d'un questionnaire à l'autre.

En tout cas, si on examine les résultats de l'étude sur les conditions de travail, la tendance semble pareille... pour ce qui est de la participation QUOTIDIENNE: on serait passés de 44,5% d'hommes à 32,8% qui effectuerait ces tâches quotidiennement. Une diminution... comme chez les femmes, où on serait passés de 92,2% de femmes qui se consacrent quotidiennement à la cuisine et au ménage en 2005 à seulement 79,3% en 2015.

Une évolution pour les réfractaires

Mais il semble surtout y avoir eu plus de nuances, ou alors un glissement dans les réponses: en fait si on additionne les catégories, on se rend compte que le taux de ceux qui s'occupent "au moins plusieurs fois par semaine" de ces tâches est assez stable (de 62,2% à 64,3% chez les hommes, de 92,2 à 93,7% chez les femmes). 

Par contre, et c'est notable, si on examine la catégorie de ceux qui disaient ne JAMAIS s'occuper de cuisine et de ménage, l'évolution est spectaculaire: on serait passés de 27,2% d'hommes complètement réfractaires aux tâches ménagères en 2005 à 12,7% en 2015. 12,7% de trop, sans doute, rien ne prédestinant les femmes à ces tâches, si ce n'est les stéréotypes de genre justement, mais c'est une évolution quand même, alors que pour ce qui est du nombre d'heures passées en moyenne, les inégalités ne se creusent peut-être pas, mais elle stagnent....

Taux d'hommes ne participant JAMAIS aux tâches ménagères

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Pourcentage d'hommes travailleurs ne s'occupant jamais des tâches ménagères en Europe (en rouge) et en Belgique (en vert). © Eurofound
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