Les herbicides totaux à base glyphosate interdits à partir de ce samedi en Belgique

L'arrêté royal interdisant les herbicides totaux, notamment à base de glyphosate, entre en vigueur ce samedi en Belgique. Il avait été publié par le ministre fédéral de l'Agriculture, Denis Ducarme (MR), fin septembre. Il prévoit l'interdiction de vente et d'utilisation de ces produits. L'utilisation des herbicides à base de glyphosate, une substance classée "cancérigène probable" par l'Organisation mondiale de la Santé, est déjà interdite dans les Régions, mais leur commercialisation relevait du fédéral. Outre le Roundup, herbicide controversé le plus vendu au monde, des dizaines de produits phytosanitaires seront retirés des rayons en vertu du principe de précaution et pour des raisons de santé publique.

Cette interdiction ne concerne que les particuliers, les professionnels peuvent toujours se fournir en glyphosate et l'utiliser. Pour Denis Ducarme interrogé par Sud Presse, cela se justifie par le fait que les professionnels "sont formés à l'utilisation à cette utilisation ce qui est impossible avec les particuliers". Les professionnels utiliseraient ces produits avec davantage de précautions que les particuliers.

44% des herbicides retirés du marché belge

D'autres herbicides sélectifs de synthèse vont aussi être retirés des rayons à partir de ce samedi même si leur interdiction formelle de vente est le 31 décembre prochain. Quant à leur utilisation, elle sera encore autorisée pendant un an, jusqu'au 31 décembre 2019.

Mais cette seconde interdiction inquiète davantage les magasins de bricolage et pépinières. "On avait des herbicides sélectifs pour les grosses mauvaises herbes tenaces ou les gazons, mais il n'y a pas vraiment d'alternatives bio à ces produits donc il faudra en revenir à l'huile de bras", commente Brigitte De Taffe, gérante d'une pépinière à Boitsfort.

Au total, cette interdiction va réduire le nombre d'herbicides vendus aux particuliers de 235 à 131, soit une baisse de 44%.

Une autre interdiction est annoncée par le ministre, celle de 26 autres produits cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques. Ces produits peuvent "induire des mutations héréditaires ou être toxiques pour la reproduction humaine", détaille Denis Ducarme. Cette dernière interdiction entrera en vigueur en mai 2019, soit avant la fin de la législature actuelle.

A plus long terme, se dirige-t-on donc vers une prescription totale de l'utilisation des herbicides en Belgique ? Non, répond Denis Ducarme. "On a besoin de pesticides, on ne peut pas généraliser le bio. Mais il faut se débarrasser des produits dangereux pour le consommateur."

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