Les "gilets jaunes" à Bruxelles : la grande inconnue de la participation

Les "gilets jaunes" à Bruxelles : la grande inconnue de la participation
5 images
Les "gilets jaunes" à Bruxelles : la grande inconnue de la participation - © Tous droits réservés

Viendront ou viendront pas ? Depuis l'annulation de la manifestation des "gilets jaunes" dans la capitale c'est la question qui taraude toutes les autorités de la Capitale. L'événement a été repoussé par ses propres organisateurs et n'est donc officiellement plus autorisé puisqu'aucun autre groupe n'a fait de demande d'autorisation à la police bruxelloise. Cependant, un simple coup d'œil sur les réseaux sociaux montre bien que les choses ne sont pas si simples. De nombreux "posts" sur Facebook appellent à venir manifester à Bruxelles ce vendredi et les discussions vont bon train sur les itinéraires possibles, les heures de rendez-vous dans la Capitale, etc. Pour en avoir le cœur net, nous avons été demander à différents gilets jaunes s'ils comptaient manifester ou pas à Bruxelles ce vendredi et pour quelles raisons. Entre les plus déterminés et les plus inquiets, les avis divergent. Petit florilège des différentes réactions de gilets jaunes engagés...

Nicolas : "Au vu de l'engouement, oui très certainement il y aura des gens"

Autorisation ou pas autorisation de la police, Nicolas compte bien manifester sous la bannière des gilets jaunes ce vendredi : "à un moment donné, je pense qu'il est du devoir du peuple de montrer à un Etat qu'il peut lui désobéir" dit-il sans ambage. "Bien sûr on appelle à rester pacifique, comme lorsqu'on a démarré le mouvement à Feluy mais on appelle les gens à marcher, à mettre leur gilet, à crier, à se faire entendre" complète-t-il. Pour ce "gilet jaune" de la première heure, qui a participé à la création du tout premier groupe Facebook de "gilets jaunes" belges, il y aura bien une manifestation à Bruxelles ce vendredi :"Au vu des réactions, au vu de l'engouement, oui très certainement il y aura des gens (...) et ici ce qui est beau c'est qu'on voit des groupes de différentes régions qui se contactent pour essayer de marcher et de faire front commun ensemble" raconte ce jeune habitant de Frameries, dans le Hainaut.

Florian : "Je suis le mouvement d'accord mais pas au point de risquer ma peau"

Depuis une semaine, un petit groupe de manifestants a instauré un barrage filtrant sur la N57 à hauteur de Ghislenghien. Parmi eux, Florian était encore sur place ce jeudi et est très engagé au sein du mouvement local des "gilets jaunes". Pourtant, il ne s'en cache pas, ce vendredi il ne se rendra pas à Bruxelles : "Personnellement je n'irai pas. Pour la simple et bonne raison que je n'ai pas vraiment les moyens d'y aller mais aussi parce qu'il y a beaucoup de bruits qui courent comme quoi il risquerait d'y avoir des casseurs. Je suis de tout cœur avec ceux qui s'y rendent pacifiquement mais je n'ai pas envie de prendre de risques non plus. Je suis le mouvement d'accord mais pas au point de risquer ma peau" concède-t-il franchement. L'idée que la manifestation puisse profiter à la frange violente du mouvement de protestation lui est insupportable et l'encourage à rester à Ghislenghien pour tenir son barrage : "Nous on essaie de faire ça gentiment, calmement et puis il y a ces casseurs qui arrivent et qui veulent profiter du fait qu'on est là pour rejoindre le groupe et faire leur cinéma. Et ça moi ça ne m'intéresse pas, je suis complètement contre ça" martèle-t-il.

Jordan : "On attend de voir ce qu'il se passe"

Le nombre de manifestants, le nombre de pacifistes ou de "casseurs" parmi eux, l'opportunité d'avoir une marche commune ou une protestation éclatée dans toute la Capitale : les inconnues de la journée sont nombreuses. Trop nombreuses pour certains "gilets jaunes" qui s'y perdent un peu et ont décidé d'attendre, quitte à rejoindre leurs camarades protestataires à la dernière minute. "Finalement, elle est annulée ou pas cette manif ?" nous demande d'emblée Jordan. "Nous on attend de voir ce qu'il se passe pour pouvoir faire en fonction. S'il y a vraiment des gens là-bas on envoie des personnes d'ici, s'il n'y a rien, autant que ceux qu'on connaît restent ici pour nous aider sur place" nous explique-t-il. Des amis bruxellois doivent les informer de la situation, les réseaux sociaux feront le reste. Mais encore une fois, pas question de venir soutenir d'éventuels "casseurs" : "Les gilets jaunes pacifistes on veut les soutenir à 100%. Les casseurs, ceux qui veulent aller foutre la merde dans la Capitale, qu'ils rentrent chez eux" insiste-t-il.

Cindy : "Même si je le voulais, je ne pourrais pas y aller"

Enfin, il y a tous les "gilets jaunes" qui ont suivi avec attention le feuilleton de l'organisation avortée de la manifestation de Bruxelles et qui voient passer sur leur "fil" Facebook de nombreux appels à venir marcher dans la Capitale du Pays ce vendredi mais pour qui la question ne se pose pas vraiment car la date choisie leur rend le trajet impossible : "Moi c'est très simple, je dois m'occuper de mon fils. Je ne peux pas aller à Bruxelles comme ça toute la journée. Je participe aux blocages des gilets jaunes mais j'ai aussi une famille et un travail. Même si je le voulais, je ne pourrais pas y aller. Aujourd'hui (ndlr : ce jeudi) je suis là mais ce vendredi ça commencera à faire beaucoup" nous confie Cindy, qui a pourtant passé plusieurs nuits dans le froid, malgré un quotidien chargé, pour aider le mouvement des "gilets jaunes" près de chez elle. "Un autre jour j'aurais réfléchi, mais ma famille passe avant tout" finit-elle.

Le mouvement des " gilets jaunes " rassemble des profils très différents et tous n’ont pas réagi de la même manière à l’annonce d’une manifestation non-autorisée censée représenter tout le mouvement et porter leur message jusque dans la Capitale. En l’absence d’une organisation centralisée des " gilets jaunes " et de concertation avec la police bruxelloise, impossible de prévoir l’ampleur de la mobilisation de ce vendredi.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK