Les futurs assistants sociaux de Louvain-la-Neuve contre la levée du secret professionnel

Les futurs assistants sociaux refusent la délation
Les futurs assistants sociaux refusent la délation - © TVN

Nous ne parlerons pas ! Un slogan repris à Louvain-la-Neuve par une centaine d'étudiants et de professeurs de la Haute École Cardijn. On y forme les futurs assistants sociaux. Des assistants sociaux qui vont être confrontés aux nouvelles règles voulues par la N-VA qui déposera jeudi un projet de loi qui rendrait possible la levée du secret professionnel pour les agents des CPAS en dans le cadre d’enquête sur des activités terroristes. Les assistants sociaux seraient amenés à transmettre aux autorités judiciaires des informations sur la situation sociale d’allocataires suspectés d’être allés en Syrie par exemple.

Ça va anéantir la confiance

Pour les assistants sociaux, c'est une brèche inadmissible dans le principe même du secret professionnel affirme Marc Chambeau, enseignant à l’Institut Cardijn. "C’est prendre le risque d’anéantir le travail de plusieurs années. Si les gens que nous aidons ne peuvent plus nous faire confiance, ce sont des liens fragiles qui se briseront et nous perdrons le contact avec ceux qui en ont pourtant le plus besoin. Et en plus cette mesure montrera très vite son inefficacité. Les gens suspects ne viendront plus nous voir et donc nous n’aurons de toute façon aucune information à transmettre à la justice… Et puis surtout, les autres allocataires se méfieront eux aussi. Aujourd’hui, on parle de terrorisme, demain on parlera de fraude sociale. C’est un engrenage très dangereux".

Nous refusons les amalgames

Les étudiants de l’Institut Cardijn sont aussi indignés que leurs professeurs. Ils refusent de jouer les délateurs. "Nous refusons les amalgames, s’exclame cet étudiant. Tous les terroristes n’ont pas émargé au CPAS loin de là et il est pratiquement impossible de détecter les signes de la radicalisation à travers le seul dossier social. Le gouvernement (fédéral) ignore totalement les réalités de terrain et préfère plaire à un certain pouvoir politique installé à Anvers. Ces mesures ne répondent aux besoins de la population ni à une réelle exigence d’efficacité. En fait cela va nous couper d’un public potentiellement dangereux avec lequel nous travaillons pour empêcher justement les dérives".

Et ce que craignent les assistants sociaux c’est aussi que cette mesure s’étende à d’autres catégories professionnelles. Les psychologues se sont émus eux aussi de ce projet de loi et beaucoup d’autres acteurs de la vie sociale comme les magistrats ou la Ligue des Droits de l’Homme se mobilisent contre les intentions du gouvernement. Une manifestation regroupera jeudi à Bruxelles, de nombreux opposants à ce projet de loi qui est une véritable atteinte aux libertés fondamentales

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