Les fruits et légumes fortement impactés par les mauvaises conditions climatiques

Si vous avez un potager, vous vous êtes sans doute rendu à l'évidence : la récolte 2021 est mauvaise ! Tomates touchées par le mildiou, haricots minuscules, salades qui ne poussent pas et petits pois qui n'ont jamais aussi bien porté leur nom. Le problème de votre jardin est transposable dans les champs. Après les sécheresses de ces dernières années, voici les producteurs confrontés à l'humidité et au froid. 

 

Du retard à l'allumage

L'été pourri que nous connaissons aurait tendance à nous faire oublier le triste printemps qui l'a précédé. Peu de soleil, mais surtout des températures trop basses. Résultat des courses : les semis ont eu du mal à germer et la croissance des plantes a été très lente. "Il a fait trop froid, ce qui a entraîné un retard de deux à trois semaines sur le planning des récoltes" explique Alain Delvigne, conseiller technique au CIM, le Centre Interprofessionnel Maraîcher. Et son collègue Thomas Schmit, du Collège des Producteurs, d'enchérir : "Quand on parle d'un retard de trois semaines, on devrait plutôt dire trois semaines en moins de production. Avec le climat que nous connaissons, on ne rattrapera pas ce retard." Les haricots, par exemple, ont commencé à être récoltés à la mi-juillet, au lieu de fin juin. En plus d'être tardives, ces récoltes sont aussi moins abondantes et les légumes plus petits, quand ils n'ont pas été touchés par les champignons et maladies.

Et la situation est identique pour les fruits. Le bilan de la saison des fraises est mitigé. Selon Jérome Zini, conseiller au Groupement des Fraisiéristes Wallons, "En mai, la récolte a été très progressive, ce qui a évité de devoir casser les prix. Mais en juin, lorsque l'on a produit en plein air, la qualité n'était pas au rendez-vous à cause de la pluie. Certaines récoltes n'ont même pas pu avoir lieu." Un constat partagé par les amateurs de cerises, qui ont eu du mal à en trouver tellement la production européenne était faible, à cause du climat.

 

Le bio encore plus impacté

"Ce qui est sûr, c'est qu'on sera en perte cette saison. Il ne nous reste qu'à miser sur les cultures d'hiver en les protégeant par des tunnels." Gwenaël Dubus produit près de 80 types de légumes bio dans sa Ferme du Peuplier. Il a donc une vue d'ensemble sur la qualité générale des variétés. "Les tomates ont été atteintes par le mildiou. Et en bio, il n'existe pas de traitement curatif. On a donc perdu la moitié de la récolte. Mais c'est mieux que pour les concombres, où on a tout perdu. Les pommes de terre ? on sera à 20 tonnes par hectare contre 30 à 35 une année normale. Et en plus, on a de grosses craintes quant à leur conservation une fois stockées. Les courges restent en fleur car il n'y a pas assez d'insectes butineurs, ou alors elles pourrissent. Les seuls légumes qui fonctionnent cette année, ce sont les légumes racines, les carottes, les asperges, le fenouil, le persil ou encore les choux. Mais pour les autres et pour les fruits, c'est une catastrophe, d'autant qu'on arrive pas à désherber." Avec un brin d'humour, Gwenaël trouve quand même deux points positifs à la situation : "On n'a pas du irriguer les cultures et on n'est pas embêté par les insectes."

 

Des prix stables pour le consommateur

Problèmes de qualité et de quantité entraînent souvent une augmentation des prix si la demande est forte. Or, pour l'instant, elle reste faible. "Les gens ne se ruent pas sur les légumes avec le temps qu'on a. On imagine plutôt se faire une choucroute qu'un barbecue", analyse Alain Delvigne. Comme les légumes sont produits de manière progressive en petite quantité à cause du temps maussade, le prix pour le producteur et le consommateur reste stable. Il ne faudra par contre pas s'étonner si les fruits et légumes diffèrent un peu des formats standards que nous avons l'habitude de voir. Et un climat qui s'améliorerait ces prochaines semaines ne permettrait pas d'inverser la tendance même si cela pourrait un peu aider. 

Heureusement, il reste à espérer de bons légumes d'hiver, surtout ceux qui aiment l'eau !

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