Les frites n'ont pas la patate: elles sont plus chères et plus petites

Les pommes de terres n'ont pas la frites: elles sont plus chères et plus petites
Les pommes de terres n'ont pas la frites: elles sont plus chères et plus petites - © Tous droits réservés

Du 3 au 9 décembre, la frite est à l’honneur en Wallonie et à Bruxelles. Mais depuis quelques semaines, les frituristes et les industriels n’ont pas le sourire. Les pommes de terre de "conservation", récoltées au mois de septembre, sont plus petites et leur prix est élevé.

Comment l’expliquer?

Pour comprendre, il faut revenir quelques mois en arrière. Cet été, le temps a été très chaud et très sec, une météo pas du tout favorable pour les pommes de terre. Résultat, le stock au 1er novembre était estimé à 2,61 millions de tonnes. Cela peut sembler beaucoup mais en réalité, c’est un tiers de moins qu’en 2017 et 17% de moins que la moyenne des cinq dernières années. Cela fait grimper les prix…

Au mois de septembre dernier, le prix de la Bintje, cette pomme de terre essentiellement utilisée pour les frites, atteignait 250 euros la tonne. L’an passé, à la même période, elle s’élevait à seulement 42 euros.

En plus d’être plus chères car plus rares, les pommes de terre n’ont pas atteint une taille idéale cause de la météo.

Quel impact pour les frituristes?

Dans les friteries, les petits commerçants sont bien embarrassés. Chez "La mère Berthe" à Liège, Geneviève Lahaye reçoit les pommes de terre entières et non épluchées. "Le prix a augmenté de 20%. Actuellement un sac de 25 kg me coûte 14 euros hors TVA", explique-t-elle.

A la découpe, Geneviève constate également que les frites sont légèrement plus petites. Le consommateur ne fera sans doute pas la différence, mais pour les professionnels, cela a un impact. Plus les frites sont petites, plus il faut en mettre pour remplir le ravier. Il est donc plus lourd et coûte plus cher aux professionnels.

Face à cette double problématique, la frituriste qui n’avait pas augmenté ses tarifs depuis sept ans a dû, comme d’autres, s’y résoudre. Un choix difficile pour les commerçants qui craignent toujours la réaction des consommateurs.

Quel impact pour les industriels?

La Belgique est le plus gros exportateur de frites au monde. Chaque année, les industriels belges en produisent deux millions de tonnes. En moyenne, 70% des pommes de terre dont ils ont besoin font l’objet de contrats négociés avec les agriculteurs avant le début de la saison. Les 30% restants sont achetés sur le marché libre durant l’année. Ils ressentent donc un peu moins la hausse des prix que les petits indépendants, mais adapteront eux aussi leurs tarifs. À Mouscron, chez "Mydibel", l’une des cinq plus grosses entreprises du secteur, les frites seront cette saison 15 à 20% plus chères.

Ce qui ennuie particulièrement les industriels, c’est la taille des frites. Pour eux, le calibre est loin d’être un point de détail. Il fait l’objet d’accord avec les clients. Cette année, il a donc fallu revoir les contrats. "Pour les clients qui veulent avoir des frites très longues, de plus de 70 mm, c’est quand même un challenge assez compliqué, donc on a dû changer la spécification de nos frites" affirme Marc Van Herreweghe, directeur général de "Mydibel".

La mauvaise récolte, également constatée dans d’autres pays européens, pose un troisième problème. "Mydibel", qui avait prévu une croissance en 2019, a dû revoir ses chiffres à la baisse car l’entreprise craint de ne pas avoir suffisamment de matière première.

Et le consommateur dans tout ça?

Niveau goût, pas de différence selon plusieurs experts, le consommateur ne sera donc pas lésé sur ce point là, mais une hausse des prix est possible dans les friteries et dans certaines grandes surfaces.

Journal télévisé 01/12/2018

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