Les Français font la file devant nos Hautes Ecoles

Inscriptions ouvertes pour les non-résidents
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Inscriptions ouvertes pour les non-résidents - © RTBF

Du 28 août au 1er septembre, les inscriptions sont ouvertes pour les non-résidents dans les hautes écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Essentiellement Français, les futurs étudiants seront tirés au sort pour obtenir une place dans des filières comme la kinésithérapie, la logopédie ou la médecine vétérinaire.

Devant la Haute école provinciale de Liège, la file s'étirait déjà loin sur le trottoir ce jeudi. Chloé, jeune Française de 18 ans, prend son mal en patience. Elle est venue s'inscrire pour un master en kiné et croit en ses chances : "On croise les doigts, on continue à espérer. Je pense qu'ils ont 107 places et on attend à peu près 400 personnes. J'ai une chance sur quatre...".

3 heures de file à Tournai

La situation est identique à la Haute école Condorcet à Tournai. Les jeunes viennent de toute la France. Certains de Lille ou de Tourcoing, non loin de la frontière, d'autres ont pris l'avion ou le train depuis Marseille. En moyenne, ils font trois heures de file pour déposer leur dossier. Fabienne Degives du secrétariat des étudiants explique : "On leur dit toujours qu'ils peuvent venir jusqu'au lundi, mais il n'y a rien à faire, ils sont toujours plus nombreux le premier jour. Quand ils arrivent chez nous, on réceptionne leur dossier sans le regarder. On le met sous enveloppe, ma collègue encode, et on numérote le tout ".

Tirage au sort

Un numéro, car tous ces étudiants seront tirés au sort. Il n'y a que 90 places ouvertes aux non-résidents dans cette école. Ils seront près de 700 à s'inscrire d'ici lundi. Mais tous préfèrent cette loterie à un système français trop élitiste, comme l'explique un jeune Français, Guillaume Sirieix : "En France, on a deux possibilités. Soit on fait une année de médecine, puis on fait le concours à la fin de l'année. En fonction de son classement, on accède à la médecine, la médecine dentaire ou la kinésithérapie. L'autre possibilité, c'est d'entrer dans une école privée. Mais là aussi il y a un concours d'entrée, puis c'est un tout autre budget".

Limites du système

Le tirage au sort concerne plusieurs filières dont la kiné depuis 2005 ou la logopédie cette année. Un système qui pose certains problèmes humains sur le terrain. C'est ce que constate Hubert Remy, directeur de la filière paramédicale de la Haute école Condorcet : "Il y a parfois des gens très motivés qui malheureusement ne trouvent pas de place chez nous. Il y a aussi des gens qui habitent à Lille, juste de l'autre côté de la frontière, qui n'obtiennent pas la place qu'un Marseillais pourrait obtenir. Ça amène donc toute une série de difficultés, mais je ne pense pas qu'il y ait de solution miracle".

Éviter les engorgements

Pour le ministère de l'enseignement supérieur, le tirage au sort permet tout de même d'éviter l'engorgement de ces filières très prisées par nos voisins français. Un mal, nous a-t-on dit, nécessaire.

Sarah Heinderyckx

Ci-dessous, retrouvez notre reportage en vidéo

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