Les fraises de Wépion ne sont pas de... Wépion

A l'exportation, les fraises flamandes, qui proviennent de cultures plus intensives, sont en moyenne un euro moins chères que les wallonnes
A l'exportation, les fraises flamandes, qui proviennent de cultures plus intensives, sont en moyenne un euro moins chères que les wallonnes - © ALINE BRUGMANS - BELGA

C'est une histoire wallonne. La saison des fraises démarre chez nous avec la première criée à Wépion jeudi soir. Une quinzaine de producteurs wallons y écouleront leurs primeurs, des fruits qui ont poussé en serres cet hiver. Vous les trouverez dès ce vendredi dans la plupart des supermarchés et autres épiceries de détail, dans des raviers en carton portant fièrement le label "Criée de Wépion".

Pourtant aucun de ces producteurs ne cultive à Wépion même. "Nous recrutons nos producteurs dans un rayon de 35 kilomètres, explique Claude Willemart, le président de la Criée; cela va de Gerpinnes à Hannut. Ce sont des producteurs de chez nous, et qui doivent répondre à une charte de qualité. Mais c'est vrai que le principal producteur de Wépion boude un peu la criée."

Le baron de la fraise boude

Ce producteur s'appelle Luc Warnez. Avec sa maman, Christine Van Coppenolle, c'est un peu le baron de la fraise à Wépion. Sur 25 hectares cultivés, il en pèse 15 à lui seul ! "Je ne vends pas à la criée, explique Luc Warnez, parce qu'ils refusent de faire une distinction entre les vraies fraises de Wépion et les autres fraises wallonnes. Tout le monde s'approprie le label; ce n'est pas correct. La fraise de Wépion, ce sont des méthodes de culture particulières, un savoir-faire transmis depuis 100 ans de père en fils et un sol particulier, pauvre en sel."

Pour se distinguer, Luc Warnez a créé un autre label: les "Véritables fraises de Wépion", auquel il a rallié les cinq autres producteurs situés à Wépion. Luc Warnez écoule lui-même sa production via un réseau de supermarchés belges et via deux petits chalets installés au bord de la route. "Les chalets, c'est de la vente au détail, aux automobilistes de passage, précise-t-il, mais sur la saison, cela représente tout de même 10 % de notre production. Nous exportons aussi un peu en France et en Grande-Bretagne."

Les fraises flamandes

Mais à l'exportation, les fraises flamandes, qui proviennent de cultures plus intensives, sont en moyenne un euro moins chères que les wallonnes. Face à cette concurrence, les producteurs du sud du pays ne font pas le poids. "A la criée de Wépion, on vend 500 tonnes par an, constate Claude Willemart. Certaines criées flamandes atteignent ce chiffre en un jour."

"Mais la fraise wallonne est meilleure", déclarent de concert le Président de la criée et le principal producteur de Wépion. Sur cela au moins, ils sont d'accord.

 

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