Dix personnes contaminées dans un restaurant chinois: une étude conclut que l'air conditionné a propagé le coronavirus

Le plan d'aménagement des tables de restaurant : en haut les tables des familles A,B,C et le système d'air conditionné à droite juste au-dessus de la table C
Le plan d'aménagement des tables de restaurant : en haut les tables des familles A,B,C et le système d'air conditionné à droite juste au-dessus de la table C - © Tous droits réservés

C’est l’histoire de trois familles (familles A B C) qui se rendent dans le même restaurant climatisé à Guangzhou, en Chine, en janvier dernier. Une de ces familles rentrait d’un voyage à Wuhan (le fameux épicentre de l’épidémie de coronavirus en Chine).

Les deux autres familles, B et C, se sont assises aux tables voisines distantes d’un peu plus d’un mètre l’une de l’autre. Elles s’installent précisément, dans la salle à manger du 3ème étage. A noter que chaque étage possède son propre climatiseur.  Plus tard dans la journée, l’un des membres de la famille A , revenue de Wuhan, a de la fièvre et de la toux et doit se rendre à l’hôpital.

10 personnes contaminées sur 83 convives et 9 membres du personnel de restaurant

Quelques jours plus tard, neuf autres convives de ce restaurant (4 membres de la famille A, 3 membres de la famille B et 2 membres de la famille C) ont contracté le COVID-19. La seule source connue d’exposition pour les personnes touchées dans les familles B et C était ce restaurant.

La sortie d’air et l’entrée d’air de retour du climatiseur central étaient situées au-dessus de la table de la famille C. Le 24 janvier, un total de 91 personnes (83 clients, 8 membres du personnel) se trouvaient au restaurant. Seuls 10 des convives autour des tables A B et C , trois des 15 tables du troisième étage ont été infectés. Les 83 autres personnes présentes dans le restaurant, ont été mis en quarantaine pendant 14 jours mais sont restées négatives aux tests auxquels elles ont été soumises.

Une étude réalisée par le Centre de contrôle et de prévention des maladies de Guangzhou en Chine, conclut que la transmission du virus ne peut s’expliquer uniquement par la transmission de gouttelettes. Elle estime qu’un fort flux d’air du climatiseur aurait pu propager les gouttelettes de la table C à la table A, puis à la table B, puis à la table C.

Il s’agirait de petites gouttelettes d’aérosol chargées de virus (5 μm) qui peuvent rester dans l’air et parcourir de longues distances, largement supérieures à 1 m. Ces aérosols ont tendance à suivre le flux d’air, ce qui expliquerait la contamination uniquement des trois tables présentes dans le flux d’air et pas du reste de la salle à manger

L'air conditionné a-t-il joué un mauvais rôle à bord des bateaux de croisière?

Les auteurs de l’étude reconnaissent les limites de leur étude. Ils n’ont pas reproduit de simulation en laboratoire. Interrogé à propos de cette nouvelle information concernant le risque de propagation par air conditionné, le virologue Marc Van Ranst du laboratoire de référence de la KULeuven estime qu’il est impossible de tirer des conclusions générales à partir de ce cas particulier.

Cependant, il concède que les espaces confinés avec un flux d’air conditionné sont très mauvais car l’air conditionné peut créer des turbulences qui aident à propager le virus. L’exemple des croisières avec un air conditionné insufflé d’une cabine à l’autre pourrait, par exemple, expliquer la propagation importante du virus à bord ce ces bateaux de croisière.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK