Les feux d'artifice, ces quelques minutes d'intenses émissions de CO2 et particules fines

Les feux d'artifice, ces quelques minutes d'intenses émissions de CO2 et particules fines
Les feux d'artifice, ces quelques minutes d'intenses émissions de CO2 et particules fines - © LUIS ACOSTA - AFP

Le feu d’artifice est certainement le spectacle sons et lumières céleste le plus magnifique auquel on puisse assister. Cette débauche d’étincelles, réservée aux plus grandes occasions, traîne pourtant derrière elle un lourd fardeau environnemental… Car, proportionnellement à d’autres activités humaines, ces quelques minutes de pétarades sont très polluantes, à la fois pour l’air et pour la terre.

15 tonnes de CO2 pour un grand feu d'artifice

Il n’aura échappé à personne l’épais nuage de fumée qui s’échappe lors des grands feux d’artifice des fêtes nationales ou du Nouvel An. Pour comprendre de quoi est constitué ce brouillard, il faut s’intéresser à la composition d’un feu d’artifice.

Le feu d’artifice est principalement composé de poudre noire, similaire à la poudre à canon, qui permet le décollage du feu céleste. Elle est principalement composée de carbone, soufre, et nitrate de potassium. Selon le résultat que l’on veut obtenir, différentes substances, dont des métaux, sont ajoutés à cette poudre, afin de faire varier la couleur, et la forme du feu d’artifice.

Différentes études estiment qu’1kg de poudre noire rejette en moyenne 480g de CO2, soit 50% de la masse initiale. Bien moins que nos carburants automobiles, qui émettent de 2.3kg à 2.7kg de CO2 par litre. Un beau grand feu d’artifice, à l’occasion des festivités nationales (prenons le 14 juillet français), consomme 30 tonnes poudre noire, et émet donc presque 15 tonnes de CO2. Soit l’émission moyenne de deux Belges durant un an.

Une pluie de particules fines

Lors de l’explosion, différentes substances sont larguées dans l’air, comme des dérivés de perchlorates, polluant qui se retrouve par la suite dans le sol, l’eau et les plantes et qui peut être à l’origine de perturbations du système endocrinien.

Une fois que le feu d’artifice a explosé de mille feux dans le ciel, il y a encore une pluie de particules fines. En Allemagne, où la tradition pyrotechnique est bien présente chez les particuliers, il est estimé que 5000 tonnes de particules fines sont émises le soir du Nouvel An. Des pics de pollution record sont d’ailleurs souvent enregistrés sans les grandes quelques minutes après un feu d’artifice. Parmi ces particules, ces métaux qui donnent leur couleur aux feux d’artifice, et qui contaminent aussi le sol et l’eau : cuivre, zinc, magnésium, souffre, etc.

Evidemment, tous ces chiffres sont à replacer dans un contexte où, en Europe, de telles expressions pyrotechniques n’ont lieu que quelques minutes par an… sauf en quelques endroits friands de feux d’artifice, comme les parcs d’attraction. Mais la réflexion mérite d’être menée, tant au niveau de la composition du matériel que d’alternatives, comme des spectacles sons et lumières ou des vols de drones (qui ont également un impact environnemental).

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