Les femmes proxénètes plus nombreuses qu'on ne le pense

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Si les femmes proxénètes, appelées aussi maquerelles, existent depuis belle lurette, leur nombre augmente sensiblement. C'est le cas en France où l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains estime qu'elles gèrent 39% des affaires, contre 24% en 2000.

"Quel que soit le niveau de hiérarchie dans la prostitution, il y a toujours une femme dans le circuit", a expliqué au Figaro Jean-Marc Souvira, commissaire divisionnaire et chef de l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH). Et leur rôle n'est pas à sous-estimer, nous dit-on.

Pour ce qui est de la méthode, elle varie en fonction des communautés. "Dans les réseaux africains opérant en Europe, la proxénète se sert de ses relations familiales pour instaurer une confiance naturelle avec ses recrues", donne en exemple le quotidien français dans son article en ligne.

Ces "mamas", en chasse de chair fraîche dans leur propre pays d'origine (la plupart du temps, le Nigeria, le Ghana ou le Cameroun) et dans leur propre milieu familial, n'hésitent pas à s'afficher avec des habits de luxe pour appâter les jeunes filles.  Quant aux parents, "la remise de leur enfant à une tante est synonyme de rentrée d'argent pour le village, peu importe la façon dont il est obtenu", explique le directeur de l'OCRTEH.

Une fois en France, la pression est alors psychologique : la maquerelle joue sur l'honneur familial (on attend des jeunes filles qu'elles envoient de l'argent à leur famille) pour "tenir en laisse" leurs nouvelles recrues.

Une femme proxénète davantage pardonnée

Ces entremetteuses, étant généralement d'anciennes prostituées, bénéficient d'une certaine compassion de la part du juge. "Quand on présente aux magistrats une femme proxénète, elle ne prend pas la charge principale puisqu'elle est à la fois auteur et victime", raconte Jean-Marc Souvira.

Et le journaliste du Figaro de conclure "que l'existence même des entremetteuses du sexe traduit la difficulté réelle de sortir des griffes de la prostitution. Un piège mental, physique et économique dont on finit par s'accommoder, faute de pouvoir refaire sa vie en-dehors".

C. Biourge

 

 

 

 

 

 

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