Les expulsés du Gesù bénéficieront d'un logement d'urgence dès ce lundi soir

Une ex-occupante du Gesù, enceinte, lors de son arrivée au centre d'urgence mis en palce lundi matin dans le comlexe de sport Liedts
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Une ex-occupante du Gesù, enceinte, lors de son arrivée au centre d'urgence mis en palce lundi matin dans le comlexe de sport Liedts - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Un accord est intervenu lundi soir pour permettre un relogement des personnes expulsées de l'église du Gesu à Saint-Josse dans le cadre du plan hivernal, a annoncé la porte-parole du bourgmestre de la commune Emir Kir. Le plan sera mis en oeuvre dès ce lundi soir, dès 20h30. Les 200 occupants de l'ancien couvent du Gesù, en face du Botanique, ont été délogés dès 6h00 lundi matin. Parmi les expulsés, 14 personnes en situation irrégulière ont été mises à la disposition de l'Office des Etrangers. Selon Christine Pauporté, fonctionnaire communale de la cellule d'accompagnement, moins d'une centaine de personnes, dont une cinquantaine de mineurs, étaient encore en attente au centre sportif en soirée. La plupart sont Roms.

"Un accord est intervenu à l'initiative du ministre-président Rudi Vervoort et des ministres communautaires Evelyne Huytebroeck et Brigitte Grouwels sur le plan hivernal qui commencera dès ce lundi soir afin de permettre aux occupants du Gesù d'être relogés en urgence", a expliqué la porte-parole à l'Agence Belga. 

Le plan hivernal, qui offre des places d'hébergement d'urgence, devait en principe entrer en application le 15 novembre. Son anticipation permettra aux ex-occupants du Gesu d'en bénéficier jusqu'à cette date. "La commune et la Région bruxelloise poursuivent leurs efforts de permettre un relogement des familles et des personnes", a précisé la porte-parole.

Selon Emir Kir, interrogé ce lundi soir par Sarah Devaux (RTBF), ce dispositif de relogement d'urgence est organisé par le Samu social. Les ex-occupants du Gesù vont donc être accueillis "soit à son siège social, soit dans ses locaux situés du côté de la rue Royale. Mais ce travail se fera une fois le profilage des intéressés réalisé. Donc c'est un travail qui sera réalisé au sein du Samu social".

La ministre bruxelloise de l'Aide à la jeunesse, Evelyne Huytebroeck, avait déclaré plus tôt qu'elle n'était pas opposée à une mobilisation du dispositif d'urgence hivernal destiné aux SDF pour accueillir une partie des personnes expulsées du squat du Gesù. Mais elle déplorait la précipitation avec laquelle l'expulsion a été organisée. 

Mme Huytebroeck s'est par ailleurs montrée très claire sur la question des moyens : la Région ne peut donner davantage de moyens que ce qu'elle consacre actuellement au dispositif hivernal "pour répondre à des meures précipitées décidées ailleurs". La Région n'ajoutera donc pas un centime au montant de 1,1 millions d'euros qu'elle y consacre actuellement, a précisé la ministre.

119 personnes répertoriées, dont 14 sans papiers

Lundi matin, au Gesù, les policiers ont répertorié 119 personnes dont 38 enfants. Ce sont ces personnes répertoriées qui bénéficieront en priorité d'un relogement d'urgence. Mais le Gesù accueillait il y a quelques jours encore plus de 220 personnes. Craignant d'être envoyés en centre fermé, de nombreux sans papiers avaient quitté le bâtiment dimanche dans la soirée. On estime donc qu'une centaine de personnes supplémentaires se trouvent désormais dans les rues de Bruxelles. 

Parmi les personnes expulsées lundi matin, 14 étaient en situation irrégulière. Elles ont été mises à la disposition de l'Office des Etrangers. Parmi elles, on compte quatre Marocains dont une famille avec deux enfants, trois Algériens, un Iranien, un Tunisien, un Egyptien, un Brésilien et une Slovaque mineure avec son enfant. Une dizaine de Bulgares qui n'étaient pas en règle ont également été arrêtés avant d'être relaxés. 

"Nous allons analyser les dossiers de ces personnes au cas par cas et voir celles qui sont déjà connues de nos services, en cours de procédure ou en recours. Ensuite, nous statuerons sur leur maintien en Belgique, leur libération avec ordre de quitter le territoire ou leur envoi en centre fermé en vue d'un rapatriement vers leur pays d'origine", a indiqué Dominique Ernould, porte-parole de l'Office des Etrangers. 

Un logement pour certains 

Le bourgmestre de Saint-Josse a par ailleurs insisté sur le fait que la région et la commune poursuivent leurs efforts pour reloger les personnes expulsées. 

La commune mettra dans les prochains jours neuf logements "de transit" à disposition des occupants du Gesù. Des petits travaux doivent encore être effectués dans l'un d'entre eux. La Région bruxelloise propose également onze logements.

Les logements seront attribués selon certains critères stricts. Les familles inscrites au registre communal, avec des enfants scolarisés seront prioritaires. Dans le cadre d'un processus d'insertion socio-professionnel, les personnes relogées seront rapidement incitées à travailler et à payer leur loyer. Selon Emir Kir, ce processus devrait enrayer la spirale de la misère dans laquelle sont engluées ces personnes : "Nous ne voulons pas de lieu qui amène une déstructuration sociale".

Une expulsion musclée, mais pas de dégâts

Deux arrestations, une administrative et une judiciaire d'un jeune homme devant être entendu, ont été effectuées, lundi, durant l'expulsion du Gesù, à Saint-Josse-ten-Noode, indique le porte-parole de la zone de police Nord Roland Thiébault.

Une femme a été prise en charge par la Croix-Rouge pour des problèmes de santé et une seconde prête à accoucher a été transportée à l'hôpital depuis le centre d'accompagnement. 

RTBF

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