Les ex-chefs de la police régionale catalane relaxés dans leur procès pour sédition

Les ex-chefs de la police catalane sont relaxés
Les ex-chefs de la police catalane sont relaxés - © LLUIS GENE - AFP

La justice espagnole a acquitté mercredi les anciens chefs de la police autonome de Catalogne, estimant qu’ils n’avaient pas collaboré à la tentative de sécession de cette région du nord-est de l’Espagne en 2017.

Ce jugement de l’Audience nationale a pour conséquence d’éviter de mettre de l’huile sur le feu dans les relations tendues entre l’Etat central et la Catalogne, dirigée par les indépendantistes.

Les juges ont reconnu une proportionnalité dans la force

"Il n’y a aucun élément incriminant, au vu des éléments recueillis, qui révèle un accord entre les accusés pour se constituer en instrument du processus indépendantiste", ont conclu les magistrats de ce tribunal de Madrid dans leur arrêt, qui confirme une information donnée la veille par des sources judiciaires.

Le parquet avait requis dix ans de prison contre le chef de la police régionale catalane (Mossos d’Esquadra), Josep Lluis Trapero, et deux autres responsables de la police et du ministère catalan de l’Intérieur, Pere Soler et César Puig, ainsi que quatre ans de prison pour Teresa Laplana, qui est officier dans la police.

Selon l’acte d’accusation, ce corps de police, placé sous l’autorité de l’exécutif régional, avait désobéi aux décisions de la justice, qui lui avait ordonné d’empêcher le référendum illégal du 1er octobre 2017, marqué par de violentes charges des forces de l’ordre nationales contre les électeurs.

A une majorité de deux contre un, les juges ont, au contraire, souligné la "proportionnalité" de l’usage de la force par les Mossos d’Esquadra pour fermer des bureaux de vote sans avoir recours à la violence des unités antiémeutes.

"L’usage de la force contre des citoyens sans défense, contre des personnes âgées, contre des familles entières, ne pouvait être, dans cette situation, la solution pour imposer le respect des lois", a relevé le tribunal dans une critique à peine voilée de l’action des forces de l’ordre nationales, relevant du gouvernement central.

Ce scrutin illégal, qui avait conduit au départ en exil en Belgique du président régional de l’époque, Carles Puigdemont, a eu de nombreuses répercussions politiques et judiciaires.

Une mobilisation moins massive

Il y a un an, neuf dirigeants séparatistes étaient condamnés par le Tribunal Suprême à des peines allant de neuf à 13 ans de prison pour sédition après avoir organisé ce référendum illégal, puis proclamé l’indépendance au parlement régional.

Ces condamnations avaient provoqué des manifestations en Catalogne, notamment à Barcelone, théâtre de cinq nuits d’affrontements entre manifestants et policiers.

Depuis, la situation s’est calmée dans cette région prospère de 7,5 millions d’habitants où une partie importante de la société a épousé les idées indépendantistes pendant la dernière décennie.

La destitution le mois dernier par la justice espagnole du président régional Quim Torra, condamné pour ne pas avoir retiré une banderole séparatiste au moment des législatives de 2019, n’a ainsi mobilisé que quelques milliers de manifestants à Barcelone.

Les négociations proposées à la Catalogne par le gouvernement de gauche de Pedro Sanchez en début d’année sont cependant restées lettre morte, en raison à la fois de la méfiance entre Madrid et Barcelone et de l’absence d’unité entre les deux principales forces indépendantistes catalanes.

Des élections législatives régionales doivent avoir lieu dans cette région en février.

Condamnation des séparatistes catalans: images JT du 14/10/2019

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