Les étudiants travaillent pendant les vacances "pour se faire plaisir"

Les étudiants travaillent pendant les vacances "pour se faire plaisir"
Les étudiants travaillent pendant les vacances "pour se faire plaisir" - © RTBF

C'est la saison des jobs d'été pour les étudiants. Depuis quelques années, les étudiants jobistes travaillent aussi de plus en plus pendant l'année. Un quota de 50 jours ouvrés leur permet d'échapper aux impôts, mais ce n'est pas toujours assez pour certains, ce qui laisse la porte ouverte au travail au noir. Et pour tous, la motivation principale reste toujours la même : se faire plaisir, se payer des loisirs et des vacances, en plus de financer leurs études.

Les étudiants apprennent la flexibilité : en 10 ans, le nombre d'étudiants qui travaillent pendant toute l'année a fortement augmenté. En 2004, il y en avait 30% qui avaient un petit boulot pendant l'année scolaire ou académique et aujourd'hui ils sont 54% à travailler pendant l'année.

En 2012, la loi a changé, permettant aux étudiants de travailler pendant toute l'année et non plus seulement pendant les vacances, pour un quota de 50 jours avec une fiscalité neutralisée, donc sans être taxés.

Les étudiants qui travaillent échappent donc aux impôts, ce qui rend leurs salaires particulièrement attractifs s'ils sont alignés sur ceux des travailleurs d'une qualification équivalente. Soit 9 ou 10 euros de l'heure en fonction des responsabilités et des qualifications.

Tous les étudiants rencontrés pour ce webreportage ont déclaré avoir un contrat de travail, en tout cas tous ceux qui ont accepté de témoigner face à la caméra. Certains ont préféré ne pas apparaître à visage découvert et évoquent un travail "bénévole" mais "défrayé" au profit d'une ou l'autre action caritative.

50 jours par an: assez ou pas?

Le nouveau règlement autorisant donc 50 jours de travail par an non taxé permet d'employer des étudiants tout au long de l'année, ce qui est important aux yeux des patrons. Jérémy Akili gérant de deux Proxy Delhaize à Woluwe.

Déborah, 27 ans, étudiante en science de la population et du développement et jobiste dans un Proxy Delhaize, fait des jobs étudiants depuis dix ans mais regrette la limitation à 50 jours. Younes, étudiant employé à Bruxelles-les-Bains, déplore aussi la situation car cela incite au travail au noir.

Rizlaine, 21 ans, travaille aussi depuis quelques étés à Bruxelles-les-Bains. Elle pense aussi qu'on pourrait laisser les étudiants travailler plus que 50 jours.

Khalid, 17 ans, étudie la comptabilité, et gère pendant l'été les stocks de glaçons et de bières sur des évènements comme Bruxelles-les-Bains. Lui n'arrive pas à cette limite de 50 jours.

Pour le plaisir

Payer ses études, mais aussi les sorties et les loisirs : voilà la motivation de ces étudiants qui travaillent parfois dur l'été.

Beaucoup d'étudiants travaillent dans l'horeca, le secteur des loisirs et la manutention mais aussi et surtout dans le commercer, dans la petite ou la grande distribution. Déborah, cette étudiante employée dans un Proxy Delhaize, porte un jugement favorable sur son job.

Younes, 21 ans, étudiant en interprétariat, apprécie aussi l'ambiance de Bruxelles-les-bains où il travaille dans l'encadrement des activités sportives, ainsi que la rémunération qui lui permet de se "faire plaisir".

Himad travaille essentiellement pour financer ses sorties.

Certains secteurs paient mieux que d'autres, comme le nettoyage, explique Himad, qui travaille à Bruxelles-les-Bains.

Réseautage

Anthony, responsable d'étudiants jobiste à Bruxelles-les-Bains, explique que pour trouver un job, il vaut mieux connaître du monde.

Emeric de l'asbl Rock the City s'occupe du personnel sur les événements comme Bruxelles-les-Bains. Il confirme qu'il y a toujours plus de candidats que d'emplois pour les étudiants.

Jérémy Akili, exploitant de Proxy Delhaize, emploie surtout des étudiants pendant l'été mais aussi pendant toute l'année. Cette main d'oeuvre flexible lui permet de mieux gérer son personnel tout au long de l'année.

Avoir eu des boulots d'été, cela permet aussi de mettre une ligne en plus sur son CV qui indique sa motivation au travail et des qualités comme la ponctualité ou permet de développer ses talents, expliquent Himad ou encore Déborah.

JFH

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