Les étudiants face à la vaccination contre le Covid-19 : entre confiance, doutes et contraintes

Cette semaine, les dernières convocations ont été envoyées aux plus de 18 ans en Wallonie. Cela signifie que les étudiants ont eux aussi reçu leur invitation à se faire vacciner. Mais ont-ils envie de recevoir le vaccin ?

Pour Caroline, étudiante à l’UCLouvain, la réponse est évidente : "Je veux protéger mes proches. Je me dis que plus on est vaccinés, mieux on est protégés. Ensuite, la pandémie a été très éprouvante pour moi sur le plan psychologique, j’ai vraiment besoin de récupérer une vie et je pense que le vaccin est la seule solution. Et puis je suis en surpoids donc, même si je suis jeune, il y a quand même un petit stress de développer une forme grave".

La question ne se pose pas.

Corentin, étudiant à la Haute Ecole Bruxelles-Brabant, souhaite aussi réduire les risques. "Ayant un job avec des contacts, la question ne se pose pas. Il faut le faire pour se protéger soi-même mais surtout les autres. De plus, il va devenir obligatoire de façon détournée, que ce soit pour voyager ou aller à des concerts".

Des réticences

Chez d’autres, une appréhension est présente. Les rumeurs et la désinformation ont réduit la confiance de certains jeunes envers le vaccin. 

Loïc, étudiant en comptabilité : "Je suis encore jeune, j’ai un peu moins de risques et donc je préférerais faire marcher mon système immunitaire. En plus, le vaccin est arrivé un peu vite je trouve. Même si des milliards d’euros ont été mis à disposition, il en existe depuis des années qui ne sont toujours pas au point et qui peuvent nous donner des effets secondaires par la suite. Ce qui me contrarie, c’est que nous n’aurons pas le choix de le faire si nous voulons faire des activités normalement comme voyager, aller au restaurant sans contraintes etc.".

Céline appréhende également. "J’ai beaucoup d’amis qui ne le font pas. J’ai tellement entendu de choses négatives que cela m’a fait hésiter, surtout au niveau des effets secondaires à long terme".

Elle a tout de même pris son rendez-vous. "J’étudie la psychologie et j’aimerais travailler dans les hôpitaux, donc je sais que le vaccin est nécessaire pour avoir des stages. Et puis mon copain m’a dit que finalement, ma pilule était sûrement plus dangereuse. C’est ce qui m’a décidé à le faire en plus de tous les avantages comme partir en vacances et le retour d’une vie normale".

Marie, elle, préfère réfléchir avant de prendre une décision : "Je n’ai pas reçu ma convocation et je ne compte pas aller directement de toute façon. Je ne suis pas trop pour les vaccins à la base, je n’ai fait que ceux obligatoires. Je prends donc le temps d’y réfléchir. Je pèse le pour et le contre, je ne dis pas que je ne le ferai jamais mais j’attends d’être certaine".

Convoqués en pleine session d’examens

Actuellement, les étudiants sont occupés à passer leurs examens. Pour nombre d’entre eux, la peur d’être malade, ou de perdre du temps d’étude, les a contraints à reporter leur rendez-vous. Ava, étudiante à la Haute École de la Ville de Liège explique : "J’ai reçu ma convocation et j’ai pris rendez-vous le lendemain de mon dernier examen pour être sûre, au cas où je serais malade".

Pour Mona-Lisa, la situation était plus compliquée. Sa convocation n’était valable que jusqu’au 22 juin et ses examens se terminent le 23. "J’ai téléphoné et ils m’ont dit que je devais attendre que le 22 soit passé, pour ensuite appeler mon médecin traitant et demander qu’elle prolonge ma convocation. Mais elle ne peut pas le faire tant que ce n’est pas expiré".

Elle a toutefois préféré se faire vacciner dans les délais : "J’ai eu peur qu’il n’y ait pas de place avant longtemps si j’attendais fin juin pour prendre rendez-vous. Et puis faire ma première dose en juillet revenait à faire ma deuxième en août et donc je n’allais pas être vaccinée si je voulais partir à l’étranger cet été".

Elle a pris rendez-vous un soir après un examen, celui où elle a le plus de temps avant le suivant.

Trouver le bon moment

Entre remises de travaux, examens et jobs étudiants, ce n’est pas toujours facile de tout combiner. "Je vais me faire vacciner après mes examens. Je n’aurais pas voulu me faire vacciner en mai, par exemple, car c’est l’une des périodes de l’année la plus intense où on a des travaux de groupe à remettre et le blocus. Il faut être en pleine forme. Moi, je n’aurais pas pu me permettre d’être malade en mai. Aussi, comme j’ai plusieurs jobs étudiants, j’ai dû trouver une date où je pouvais aller après mes heures de travail", explique Aymeline, étudiante en gestion des ressources humaines.

Je pense que si j’avais reçu la convocation pendant mon stage, j’aurais attendu la fin du stage.

Anne a dû réfléchir également. "Cela a été un casse-tête pour prendre rendez-vous, surtout en fonction de mon planning d’étude. Je me disais de prendre le matin comme cela, au pire, je n’étais pas bien l’après-midi et je travaillais au soir. Ou alors de prendre le soir mais j’allais peut-être passer une mauvaise nuit et ma journée du lendemain allait être fichue. Mais je pense que si j’avais reçu la convocation pendant mon stage, j’aurais attendu la fin du stage".

Dans l’espoir d’être vaccinés pour partir en vacances, certains ont tout de même choisi de le faire rapidement. "Je me fais vacciner entre deux examens, même si j’ai peur de ne pas être en forme pour l’examen qui suit. Je me sens obligée et pressée de le faire pour avoir les deux doses faites avant les vacances et pouvoir partir sereine. J’aurais préféré très clairement pouvoir le faire en mai", confie Marine.

Devoir retourner chez soi

Si le vaccin doit être administré dans le centre le plus proche de son lieu de domiciliation, pour les jeunes en kot, cela nécessite de faire le trajet jusque chez eux.

Sarah, qui étudie à Louvain-la-Neuve, a tenté de s’organiser. "C’est un peu embêtant de devoir retourner chez moi mais c’est un mal pour un bien. Je vais prendre les transports en commun pour y aller, du coup j’ai pris un lundi pour revenir du week-end et repartir le lundi soir. Je voulais vraiment me faire vacciner mais cela m’a fait hésiter sur le fait de le remettre à plus tard, une fois de retour à la maison".

Pour Lucie, également étudiante dans la cité universitaire, il s’agit plutôt d’un avantage : "Je rentre régulièrement chez moi et c’est même une facilité de me rendre dans un centre de vaccination que je connais plutôt que de devoir me débrouiller pour rejoindre un centre que je ne connais pas".

A partir de lundi, ce sera au tour des jeunes de 16 et 17 ans de recevoir leur convocation en Wallonie

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