Les étudiants en médecine passeront un concours en fin de première année

Accord de principe sur la sélection des étudiants en médecine
Accord de principe sur la sélection des étudiants en médecine - © Archive SISKA GREMMELPREZ - BELGA

Dans le dossier du numerus clausus, un accord de principe a été trouvé entre les doyens des facultés de médecine et le ministre de l'Enseignement supérieur : les étudiants de médecine devront passer un concours à la fin de leur première année.

La Fédération Wallonie-Bruxelles devait instaurer, d'une manière ou d'une autre, une sélection de ses étudiants en médecine en fonction du nombre de numéros Inami disponibles au niveau fédéral. Il y a donc désormais un accord, il reste encore à en définir les modalités et à le couler dans un texte de loi.

En fin de première année, seuls les étudiants arrivés en haut du classement auront l'assurance d'obtenir un numéro Inami. Pour Vincent D'Orio, doyen de la faculté de médecine de l'ULg, c'est une meilleure solution qu'un examen d'entrée ou un test en cours d'année : "Si on effectue un concours d'entrée il ne porte que sur des matières de base, c’est-à-dire des matières non médicales puisqu’elles ont été acquises préalablement à la filière. Si on place un filtre en cours d'année, on défavorise les nouveaux étudiants par rapport à ceux qui ont étalé ou qui ont doublé".

"Reçus-collés"

Avec un concours en fin d'année, les nouveaux étudiants auront bénéficié d'un temps d'adaptation, et les questions porteront sur les seules matières du deuxième quadrimestre, des matières purement médicales. Pour le doyen, cela éviterait de renforcer les inégalités sociales.

Mais qu'en sera-t-il des fameux "reçus-collés", ceux qui auront réussi mais pas assez bien que pour obtenir un numéro Inami ? "Ils garderaient les crédits qui leur reviennent au cours de l'année. Ces crédits pourraient être valorisés bien entendu dans d'autres filières. Mais s'ils veulent retenter leur chance, il faut qu'ils repassent de nouveau le concours lors de l'année suivante" explique Vincent D'Orio.

Sans changement de dernière minute, l'épreuve devrait être instaurée dès l'année prochaine. On reviendrait ainsi à une situation similaire à celle d'avant 2008, quand la Fédération Wallonie-Bruxelles avait supprimé la sélection au terme de la première année.

Cadastre

Le ministre Jean-Claude Marcourt rappelle qu'il attend, en contrepartie, que la ministre de la Santé Maggie De Block établisse un cadastre des médecins qui permette d'adapter le nombre de numéros INAMI à la réalité francophone.

Pour la FEF, Jean-Claude Marcourt est un "petit joueur"

La Fédération des étudiants francophones (FEF) déplore l'annonce d'un compromis sur l'organisation, dès l'année académique prochaine, d'un filtre aux études de médecine à l'issue du 1er bac sans avoir été concertée, sa rencontre programmée avec le ministre Marcourt sur ce sujet n'intervenant que ce vendredi seulement.

"Le ministre annonce officiellement avoir consulté les acteurs de terrain en mettant à l'heure actuelle officieusement de côté la FEF, ce syndicat qui représente pourtant les étudiants de trois facultés de médecine (UNamur, UCL et ULB). Alors de qui M. Marcourt se moque-t-il quand il vante la transparence de sa procédure de concertation?", peste la FEF dans un communiqué où Jean-Claude Marcourt est qualifié de "petit joueur".

Pour la FEF, avec cette "procédure scandaleuse", le ministre se moque à la fois de l'organisation étudiante mais également des députés de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui mènent actuellement une série d'auditions sur ce même sujet. L'organisation demande en conclusion le report d'une quelconque décision dans ce dossier tant qu'elle n'aura pas été consultée "en bonne et due forme".

A. L. avec D. Van Ossel

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