Les étudiants dénoncent le capharnaüm engendré par les cours à distance

Les étudiants dénoncent le capharnaüm engendré par les cours à distance
Les étudiants dénoncent le capharnaüm engendré par les cours à distance - © PHILIPPE FRANCOIS - BELGA

Depuis le 12 mars déjà, les universités privilégient l’enseignement à distance. Ce lundi soir, le conseil des recteurs a pris la décision d’aller un cran plus loin, les universités fermeront donc leurs portes jusqu’à la fin de l’année académique.

Des problèmes sur le terrain et beaucoup d’inquiétudes

Aujourd’hui, cette décision fait réagir les étudiants. Ils dénoncent "le manque de réelles solutions pour remédier au capharnaüm actuel." Et si la Fédération des Etudiants Francophones s’autorise le mot capharnaüm, c’est que les échos du terrain sur l’enseignement à distance ne sont pas très bons, comme l’explique la présidente de la FEF, Chems Mabrouk : "La réalité est moins glorieuse que ce qu’on veut nous faire croire. Au niveau des échos que l’on a, il y a des bugs techniques, il y a des professeurs qui n’ont pas réussi à mettre en ligne des cours à distance et podcast, des professeurs qui donnent des textes à lire et les étudiants doivent répondre à des questions sur des forums. Bref, les cours à distance ne fonctionnent pas si bien que cela, il y a des choses à régler. Donc si c’est maintenu jusqu’à la fin de l’année, il faudra régler cela."

Qu’en sera-t-il des examens, des travaux de fin d’études ou des stages devenus irréalisables ? La FEF espère des réponses claires et demande à la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Glatigny, de prendre des mesures pour l’ensemble des établissements francophones afin d’éviter une inégalité de traitement des étudiants.

Pour ce qui est des solutions possibles, la présidente de la FEF a bien quelques pistes : "On demande que les cours à distance soient accompagnés d’un syllabus, pour que les étudiants qui ne peuvent pas accéder au cours en ligne aient quand même un cours. Pour les cours où l’enseignement à distance n’est pas possible, il faut que cette matière ne soit pas évaluée. Pour ceux qui doivent faire un travail de fin d’étude, il faut qu’il y ait un accès aux bibliothèques virtuelles des universités. Et enfin, il faut une solution pour tous les stagiaires qui ne peuvent pas accéder à leur stage et qui ne savent pas quoi faire."

Les universités travaillent à des améliorations

Conscientes que tout n’est pas parfait, les universités travaillent chaque jour à des solutions. Le recteur de l’ULB, Yvon Englert tient tout de même à préciser pourquoi il était devenu nécessaire de suspendre les cours jusqu’à la fin de l’année : "Nous avions le sentiment que chez certains étudiants et enseignants, l’idée était de se dire, on va attendre et puis on retournera dans les auditoires. C’est donc pour provoquer une prise de conscience et s’attaquer aux difficultés qu’on a voulu lever l’ambiguïté sur le fait qu’il n’y aurait pas de retour possible en auditoire."

Le recteur de l’ULB le constate, le système d’enseignement à distance est de plus en plus sollicité, les flux échangés sont de plus en plus importants. Avec une certaine humilité, Yvon Englert précise tout de même : "Il y a évidemment des problèmes, j’en suis conscient et on travaille à les résoudre un par un. Des dispositions ont déjà été prises, pour les étudiants qui ont des problèmes de matériel et de connexion, nous avons gardé une salle par campus ouverte, avec de la distanciation sociale. Le service social examine aussi les demandes des étudiants qui ne peuvent pas profiter de ces salles et ont des difficultés à se connecter."

Un travail est également réalisé avec les professeurs : "Pour les professeurs, il y en a qui n’ont pas la même facilité face au digital. Nous avons, depuis dix jours, une cellule de formations accélérées à laquelle les enseignants peuvent faire appel pour être aidé dans leur adaptation au digital."

Pour ce qui est des examens de fin d’année, par contre, le recteur l’admet, il n’a pas encore de réponse concrète à apporter. La réflexion vient de commencer et il paraît évident que la session sera adaptée à la situation. L’hypothèse d’avoir un accès au campus n’est pas exclue à ce jour. Mais la situation est telle qu’il est difficile de faire de prévision.

 

>> Revoir l’extrait du journal télévisé du 23 mars 2020 sur la fermeture des universités

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