Les Etats-Unis autorisent une maman yéménite à voir son fils mourant

Les Etats-Unis ont levé exceptionnellement mardi une interdiction d'entrée visant les ressortissants de six pays, pour la plupart à majorité musulmane, afin de permettre à une Yéménite de rendre visite à son fils mourant en Californie, selon ses soutiens.

Abdullah Hassan, âgé de deux ans et citoyen américain par son père, souffre d'une maladie génétique rare en phase terminale. Il a été placé sous respiration artificielle dans un hôpital d'Oakland. Les demandes de visa de sa mère, Shaima Swileh, n'avaient jusqu'ici pas abouti à cause du décret migratoire signé par le président américain, qui interdit aux ressortissants de six pays, pour la plupart à majorité musulmane, d'entrer aux Etats-Unis.


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Emballement politique et médiatique

Les médias se sont emparés de cette affaire. Après une supplique du père de l'enfant devant les caméras, l'ambassade américaine au Caire a accordé un visa à la maman, a indiqué le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) qui a aidé la famille dans ses démarches. Le grand-père de l'enfant, Fawzi Hassan, a expliqué au San Francisco Chronicle attendre qu'elle tienne son fils "dans ses bras" pour débrancher les appareils respiratoires.

L'élue démocrate d'Oakland, Barbara Lee, a assuré que cette affaire illustrait le caractère "inhumain et anti-américain" du décret migratoire. "En tant que membre du Congrès, et en tant que mère, je suis sidérée par la cruauté d'empêcher une mère de retrouver son fils malade", a-t-elle écrit sur Twitter lundi soir.

Un décret régulièrement critiqué

Le décret avait provoqué une onde de choc mondiale en étant mis en vigueur par la Maison Blanche le 27 janvier 2017, une semaine après l'entrée en fonction de M. Trump. Considéré par ses opposants comme une mesure "anti-musulmans", le texte a fait l'objet d'une longue bataille judiciaire. En janvier, la Cour suprême a validé une version du décret qui ferme les frontières américaines à environ 150 millions de ressortissants du Yémen, de Syrie, de Libye, d'Iran, de Somalie et de Corée du Nord. La haute cour a estimé que le président avait usé de façon légitime de ses prérogatives en matière d'immigration.

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