Les enseignants seront-ils mieux payés dans les prochaines années?

Les enseignants toucheront une prime de fin d'année plus importante.
Les enseignants toucheront une prime de fin d'année plus importante. - © RTBF

Les syndicats et le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont signé, cet après-midi, le protocole sectoriel  de l'enseignement. Des avancées mais aussi des regrets pour les partenaires sociaux. 

Après plusieurs semaines de négociation entre les syndicats et la ministre Schyns, un protocole a été trouvé pour baliser les 2 prochaines années. Ces nouvelles mesures coûteront 25 millions d'euros par an.  

Du côté des syndicats, les réactions sont mitigées pour cet accord trouvé en toute fin de législature.

 

La prime de fin d'année: 60€ nets de plus

Les syndicats demandaient l'alignement du montant de la prime de fin d'année sur celui de la fonction publique (estimation du coût: 47 millions d'euros).

C'est une semi-victoire.

La prime de fin d'année est augmentée mais pas au montant souhaité. Les enseignants toucheront 123 € brut de plus, soit un bonus de 60€ nets.

Cette mesure coûtera 16 millions d'euros en 2020. 

 

Alignement des barèmes: en rattrapage 

Dans le cadre du pacte d'excellence, la durée des études des enseignants va être allongée d'un an. Les syndicats réclament donc un nouveau barème pour ces futurs enseignants qui commenceront leur carrière à partir de la rentrée 2024 (la nouvelle mouture des études prendra effet à partir de septembre 2020).

Pour éviter que le personnel enseignant fonctionne avec 2 barèmes différents à partir de 2024, les syndicats demandaient une revalorisation des barèmes actuels: que tous les profs travaillent aux mêmes conditions barémiques.

Le protocole prévoit la constitution d'un groupe de travail. Rien de concret donc, pour l'instant.

 

Mécanisme de fin de carrière (DPPR) maintenu 

Le protocole 2019-2020 maintient le mécanisme de fin de carrière pour les enseignants (DPPR). 

 

Plus de sécurité pour les jeunes enseignants

Pour lutter contre la pénurie d'enseignants, la ministre Schyns avait déjà proposé la possibilité de prester des heures supplémentaires. Dans ce nouveau protocole, la problématique des jeunes enseignants est mise en avant.

Nombre d'entre eux quittent l'enseignement dans les 2 ans du début de leur carrière, par manque de stabilité, de perspectives et de revenus. La nouvelle mesure prévoit de stabiliser le contrat d'un enseignant, s'il a presté au moins 90 jours de travail.

Concrètement, un jeune enseignant qui aura presté 90 jours de travail verra son contrat prolongé jusqu'à la fin de l'année. La prolongation de ce contrat se fera au sein d'un même Pouvoir Organisateur ; mais pas forcément au sein de la même école.

Cette mesure permet de garantir un revenu stable à l'employé; mais aussi de faciliter, pour les écoles, les remplacements avec du personnel formé. 

Coût de la mesure: 7 millions d'euros par an. 


Personnels administratif et ouvrier mécontents

Cet accord sectoriel 2019-2020 a été signé par les syndicats du personnel enseignant, mais pas par ceux des personnels administratif et ouvrier. Ces derniers sont insatisfaits des mesures prises à leur encontre. 

« Les personnels administratif et ouvrier dans les écoles, ce sont déjà les plus bas salaires de l'enseignement, avec beaucoup de temps partiels, des horaires coupés. Et pour eux, il n'y a qu'une revalorisation de 150 euros bruts de leur prime de fin d'année, ce qui fait 75 euros nets... », a réagi Stéphane Streel, secrétaire fédéral CGSP-Amio. 

Malgré l'abstention des personnels administratif et ouvrier, le protocole sera mis en application dès septembre 2019. 

 


 

Archives : Journal télévisé 08/04/2019

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