"Les enfants qui font du sport ont de meilleurs résultats scolaires"

Une étude de l'OMS constate que quatre adolescents sur cinq ne font pas assez de sport. Interrogé sur La Première, Jean-Pierre Castiaux, médecin du sport au service Médecine physique et Réadaptation des cliniques Saint-Luc, n'est pas étonné par ce constat : "Je pense que ce n’est pas nouveau. On essaie de le changer, mais je pense qu’à l’âge de l’adolescence, l’attrait de l’activité physique est moindre. Même les enfants qui faisaient une activité physique régulière avant ralentissent souvent ou abandonnent leur sport ou leur activité physique, parce qu’ils ont moins tendance à bouger, ils se renferment un peu sur eux-mêmes, et le phénomène actuel sur les écrans n’y est pas étranger non plus. Je pense donc que ce qu’il faut absolument faire, c’est motiver ces enfants à bouger. Si on leur parle de sport, ça les effraie un peu, et surtout ceux qui n’en ont jamais fait, mais il faut les inciter à bouger du côté des parents et du côté des écoles".

Selon l’OMS, en Belgique, 83% des ados ne pratiquent pas assez de sport. Beaucoup de jeunes s’inscrivent dans les salles de sport, constate Jean-Pierre Castiaux, "mais ce ne sont pas des jeunes entre 13 et 17 ans. La plupart, sont des gens qui sont un peu plus loin, soit des étudiants en université, soit des adultes. Disons que la majorité des inscrits n’est pas dans cette fourchette d’âge. Mais ça bouge, c’est vrai que ça commence tout doucement à changer parce qu’on en parle beaucoup et parce que, je pense, les parents y mettent un peu parce que je crois qu’on a compris tous les effets très néfastes de l’oisiveté. Au niveau médical, il y a plein d’effets secondaires à courte et à longue échéance et je pense que ça sensibilise un peu les parents, et je pense que les parents doivent d’abord inciter les enfants à bouger, à aller à l’école à pied ou à vélo s’il y a moyen, à les faire sortir, à promener le chien... les inciter à bouger, les sortir un peu de leur chambre. Et je pense effectivement qu’avec cette incitation, le nombre d’inscrits dans les salles peut un peu augmenter, mais je pense que pour le moment, la majorité n’est pas dans cette fourchette d’âge".

Une heure par jour

"L’activité physique augmente toute l’activité cardiaque, pulmonaire, l’endurance, la résistance, la vitesse, la mobilité articulaire, la force. Cela permet aussi de densifier les os et, au niveau psychologique, ça apporte un peu d’estime de soi, une image de corps plus importante et on remarque aussi qu’au niveau des résultats scolaires, les enfants qui font du sport ont de meilleurs résultats, et même les enfants qui font du sport d’assez haut niveau sont rarement de mauvais élèves. Il y a donc un effet d’entraînement qui se fait. Et les grosses maladies à éviter sont surtout l’obésité, le diabète, les maladies cardiovasculaires qui sont la conséquence de l’oisiveté et de la prise de poids", poursuit Jean-Pierre Castiaux.

L’OMS préconise au moins une heure d’activité physique par jour. Selon le médecin du sport "c'est la bonne moyenne, qui est également valable pour les adultes. 60 minutes par jour d’un exercice non pas très doux, mais modéré à intense. Ce qui est important, c’est effectivement de faire de l’exercice, mais de consacrer une partie de l’exercice d’une façon très intense. Une heure par jour et au moins trois jours par semaine d’un exercice plus intense, c’est-à-dire marcher très vite, courir, faire du vélo, donc pas un exercice de promenade simple. Et au-delà de 14 ans, on peut franchement développer la musculature et commencer un peu de musculation, sous surveillance évidemment".

"Les filles font beaucoup moins d’activité physique que les garçons"

Jean-Pierre Castiaux indique que les filles sont beaucoup moins actives que les garçons : "Dans les écoles, les certificats médicaux sont surtout donnés aux filles parce qu’elles ont moins tendance à bouger, elles ont peut-être un rapport avec leur corps qui est très compliqué à cet âge-là, donc elles n’osent pas trop se montrer, se mettre en tenue de sport. Et il y a parfois certaines barrières psychologiques, religieuses, morales ou sociales, et je pense effectivement que les filles font beaucoup moins d’activité physique que les garçons. Mais je pense aussi que ça commence à changer tout doucement".

"Dans le décret de l’ancienne ministre des Sports, il y avait déjà à partir de la primaire trois heures de sport privé par semaine. Je crois que c’est dans ce chemin-là qu’on doit aller. C’est aussi ce qu’il se fait au Canada, parce que les Canadiens ont fait de grosses études là-dessus, et en fait, par des petits moyens tout simples, on pourrait augmenter l’activité physique dans les écoles, par exemple empêcher les parents qui conduisent leurs enfants avec leur voiture d’aller jusqu’à la porte de l’école et quelques fois jusque dans la classe avec leur voiture, mais faire un parking à 500 mètres de l’école, comme ça un enfant fait au moins un kilomètre par jour, aller-retour, de marche. Et une idée originale serait peut-être d’incorporer l’activité physique dans d’autres cours que le cours de gymnastique. Le professeur d’éducation physique aurait peut-être le temps de pouvoir préparer, dans un cours de français, dans un cours de mathématiques ou dans un cours de langues, essayer de motiver le professeur de ces branches-là de faire bouger les enfants dans un petit jeu actif. Donc, on pourrait effectivement, par plein de bonnes idées, augmenter l’activité physique de nos adolescents" conclut-il.

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