Bernard de Vos : "Les enfants ne doivent pas être des variables d'ajustement dans cette crise"

CQFD, ce qui fait débat, en mode grand entretien : 25 minutes quotidiennes avec un spécialiste, pour vous aider à mieux comprendre/vivre la crise du coronavirus, mais aussi pour vous permettre de poser VOS questions (via l’adresse mail cqfdrtbf@rtbf.be). Notre invité, ce mercredi : Bernard DE VOS, délégué général aux droits de l’enfant.

Les enfants, les grands absents de la crise

Les enfants vivent de manière aussi intense que les adultes cette crise du covid-19. On en parle pourtant peu lors des conférences de presse tant attendues de la première ministre nous explique Bernard de Vos.

" Je dis souvent que ce sont les grands absents, des variables d’ajustement. Il faut reprendre l’économie, il faut reprendre le travail, mais il faut s’occuper des enfants donc il faut reprendre l’école. On l’a entendu régulièrement. Si vous parcourez les réseaux sociaux, on peut voir des petits dessins humoristiques sur les difficultés du confinement avec des enfants et on a parfois l’impression que les enfants empêchent de confiner tranquillement. On leur demande rarement leur avis sur les questions de société alors qu’ils ont des idées exceptionnelles qui permettent de faire avancer le monde positivement. […] Certains enfants ont vécu plus facilement le confinement que d’autres, mais pour tous, enfants ou adolescents, il y a eu un renoncement des libertés. C’est compliqué pour eux aussi. "

 

Il faut repenser l’école

Lundi 18 mai, la phase 2 de déconfinement commencera. Dans cette phase, il y aura le retour sur les bancs de l’école pour certains élèves et sous certaines conditions strictes. Il n’y aura pas de retour à la normale avant septembre, et la ministre de l’éducation Caroline Désir a même évoqué sur nos antennes qu’elle ne pouvait pas assurer la reprise des cours normalement pour septembre.

Selon Bernard De Vos, "Le discours est relativement caricatural pour l’école. Il y a une franche opposition au sein de la population entre ceux qui sont pour la reprise, et ceux qui sont contre. Moi, je suis pour la reprise des cours. Ceux qui sont tout à fait opposés disent d’attendre septembre. Le problème c’est que pour eux, en septembre il n’y aura plus de problème, or il est peu probable que le virus disparaisse d’ici là. […] C’est l’occasion rêvée pour associer des enfants à la réflexion sur l’école Covid-19. C’est important de comprendre que l’école ne redémarrera sans doute pas comme elle s’est terminée au mois de mars. Il faut la repenser avec eux. "

 

Face au confinement, nous ne sommes pas égaux

Certains jeunes vivent dans des logements très petits, ils sont tentés de sortir ce qui peut faire monter les tensions avec les polices. La situation dans certains quartiers défavorisés inquiète Bernard de Vos.

" C’est évident que quand on dispose de plus d’espaces verts, on n’a pas spécialement besoin de s’aérer à l’extérieur de chez soi. Dans les quartiers populaires, souvent l’habitat est plus réduit et forcément certains jeunes, qui ont l’habitude de vivre en rue, ont gardé cette habitude et il est vrai que certains ont "défié" entre guillemets les forces de l’ordre. Je pense qu’à certains moments la réaction a été excessive. […] De manière générale, je pense que tout le monde est quand même d’accord que l’on a réussi ce confinement, la grosse majorité des citoyens l’ont respecté. Mais certains n’étaient pas dans les conditions pour le respecter correctement. J’ai peur effectivement que beaucoup de jeunes se retrouvent entre eux sans le respect des règles, maintenant que l’on déconfine tout doucement. Je pense qu’il faut être extrêmement attentif à ce que la police reste bien dans le dialogue."


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Reportage du JT du 13 mai

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