Drapeau, caméra, sac-poubelle… les incroyables histoires de la mission Apollo 11

Les endroits stratégiques de la mission Apollo 11 (carte interactive)
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Les endroits stratégiques de la mission Apollo 11 (carte interactive) - © National Aeronautics and Space Administration

"Un petit pas pour un homme, mais un bond de géant pour l’humanité". Le 21 juillet 1969, aux alentours de 3h56, le monde entier assistait aux premiers pas des astronautes Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune. Mais une fois à l’extérieur, comment s’est déroulée leur mission ? Cinquante ans plus tard, retournez en pleine Mer de la Tranquilité, où chaque objet est témoin d’une histoire.

Le Lunar Excursion Module (LEM)

Tout comme ses occupants, le module lunaire Eagle est le premier à se poser sur la Lune le 21 juillet 1969. Pourtant, cela a bien failli ne jamais être le cas.

Avec un ordinateur de bord littéralement saturé par les informations qu’il reçoit, la trajectoire prévue par le système de pilotage automatique se retrouve faussée. Buzz Aldrin décide alors de reprendre les commandes de l’appareil. Lorsqu’il parvient enfin à poser l’appareil en sécurité, il ne lui reste plus que 20 secondes de carburant.

Le jettison bag

Le premier corps étranger à quitter le module n’est pas Neil Armstrong, mais un sac-poubelle. Les trois astronautes de la Nasa n’avaient ni toilettes, ni douche à leur disposition. Leurs déchets alimentaires et physiologiques étaient stockés dans de petits sacs, eux-mêmes entassés dans un grand sac-poubelle spécial, le jettison bag (littéralement "sac de délestage").

Ce sac figure ainsi sur la toute première photographie réalisée par Neil Armstrong sur la Lune. S’il est toujours présent sur le site de la mission aujourd’hui, il n’existe sans doute aucune chance pour que les bactéries fécales aient pu survivre aux conditions extrêmes.

Le drapeau des États-Unis

Il ne s’agit pas d’un acte de revendication d’un quelconque territoire lunaire, mais bien d’un symbole de fierté nationale. Nous sommes en pleine guerre froide, la course à l’espace entre Soviétiques et Américains en est à son paroxysme. "Ce geste est un geste symbolique de fierté nationale et il ne doit pas être interprété comme une déclaration d’appropriation nationale par proclamation de souveraineté", expliquera plus tard un texte adopté par le Sénat et la Chambre des représentants.

D’autres drapeaux seront plantés lors des futures missions Apollo. Aucun n’a bougé, sauf le premier, planté par Neil Armstrong. Placé trop près du module lunaire, il est immédiatement tombé, couché par le souffle lors du décollage. Ce geste reste malgré tout gravé dans la mémoire de nombreux spectateurs du monde entier.

La caméra télévisuelle

Le premier pas de l’espèce humaine sur la Lune est un événement historique qu’il était impératif de retransmettre en images. 600 millions de téléspectateurs et auditeurs étaient au rendez-vous, soit 20% de la population mondiale de l’époque. Les images tournées par la Nasa sont non seulement transmises par ondes radio de la Lune à la Terre, mais également diffusées en direct aux quatre coins du globe.

Les moyens techniques de l’époque ne permettaient pas d’obtenir une qualité d’image optimale lors de la retransmission. Dans une conférence de presse donnée en juillet 2009, l’Agence Spatiale Américaine annonce avoir perdu les bandes originales de cet enregistrement.

Pour faire des économies, 200.000 bandes magnétiques auraient en fait été réenregistrées dans les années 70. Les premiers pas de l’Homme sur la lune n’y ont malheureusement pas fait exception. C’est donc à partir des archives des chaînes de télévision qu’une version restaurée en haute définition a été mise en ligne. 50 ans plus tard, le spectacle donne toujours autant de frissons.

Le petit cratère de l’Ouest

Peu avant l’atterrissage en pleine Mer de la Tranquilité, Neil Armstrong mentionne que le module lunaire Eagle se posera "juste au-delà de ce cratère". Alors que les deux astronautes sont sur le point de quitter les lieux, Armstrong se précipite jusqu’au bord de ce cratère de 30 mètres de diamètre pour y prendre une photo panoramique.

"Je tenais à prendre ces photos, alors je me suis démené", reconnaîtra-t-il plus tard. Situé à 60 mètres de distance du module lunaire, il s’agit du point le plus éloigné qu’ait jamais atteint un astronaute.

Les objets commémoratifs

"Ici, des hommes de la planète Terre ont posé pour la première fois un pied sur la Lune en juillet 1969 après J.-C. Nous sommes venus en paix pour toute l’humanité", annonce une plaque située sous l’échelle du LEM. Elle comporte les signatures des trois astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins, ainsi que du président des États-Unis, Richard Nixon.

Avant leur départ, les astronautes ont également laissé d’autres objets symboliques : un disque de silicium contenant les messages des dirigeants de 73 pays dans leur langue nationale (dont le roi Baudouin pour la Belgique), une branche d’olivier (symbole de paix), un écusson en l’honneur de la mission Apollo 1, ainsi que des médailles commémorant la mort des cosmonautes Youri Gagarine (premier homme dans l’espace) et Vladimir Komarov.

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