Les émissions de CO2 liées à l'énergie stagnent, "une source d'optimisme"

Le 31 octobre 2013 à Haubourdin dans le Nord de la France, de la fumée s'échappe d'une usine
Le 31 octobre 2013 à Haubourdin dans le Nord de la France, de la fumée s'échappe d'une usine - © PHILIPPE HUGUEN

Les émissions mondiales de gaz carbonique liées à l'usage de l'énergie ont stagné pour la troisième année de suite en 2016, à cause du succès des énergies renouvelables et du gaz naturel au détriment du charbon, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Ces émissions en provenance du secteur électrique, des transports ou encore du bâtiment, qui représentent trois quarts des émissions de gaz à effet de serre, se sont élevées à 32,1 gigatonnes l'an dernier, a précisé vendredi l'agence énergétique basée à Paris.

Elles sont de plus en plus décorrelées de la croissance économique (+3,1%), du fait notamment des progrès réalisés en termes d'efficacité énergétique, des changements structurels de l'économie mondiale et d'une prise de conscience accrue du changement climatique.

Ces trois années de stabilité des émissions dans une économie mondiale en croissance marquent l'émergence d'une tendance

Les émissions de CO2 sont restées stables en Europe et elles ont même diminué aux États-Unis et en Chine, les deux plus gros émetteurs et consommateurs d'énergie, ce qui a permis de compenser les hausses observées dans d'autres régions du monde.

"Ces trois années de stabilité des émissions dans une économie mondiale en croissance marquent l'émergence d'une tendance", a commenté le directeur exécutif de l'AIE, Fatih Birol, dans un communiqué.

Insuffisant pour limiter le réchauffement

Même s'il y voit "une source d'optimisme", il estime néanmoins "prématuré" d'affirmer que les émissions mondiales de CO2 ont atteint un sommet. Et cette stagnation est de toute façon jugée insuffisante pour limiter le réchauffement climatique à 2 degrés.

Outre-Atlantique, les émissions de CO2 ont reculé de 3% (soit -160 millions de tonnes), atteignant un plancher depuis 1992, dans une économie en croissance de 1,6%.

Cette baisse s'explique par le boom du gaz de schiste et d'une production électrique d'origine renouvelable plus compétitive, qui ont supplanté en partie le charbon, l'énergie fossile la plus polluante.

"Pour la première fois, la production d'électricité à partir de gaz naturel a dépassé celle au charbon l'an dernier aux États-Unis", a relevé l'AIE.

En Chine, les émissions de CO2 se sont repliées de 1%, dans le sillage également d'une baisse de la demande de charbon, sous le coup de mesures anti-pollution, malgré une croissance économique de 6,7%.

"Deux tiers de la hausse de la demande chinoise d'électricité (+5,4%) ont été satisfaits par les énergies renouvelables, principalement hydraulique et éolienne, ainsi que par le nucléaire", a souligné l'AIE.

En Europe également, le charbon a perdu du terrain, avec une demande en baisse de 10% contre une hausse de 8% pour le gaz.

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