Les électrochocs, une solution radicale contre la dépression sévère pour mille Belges chaque année

Soigner une dépression grâce aux électrochocs, c'est possible. Des images de vieux films vous viennent peut-être en tête. Mais oui, en Belgique et en 2019, environ un millier de patients ont recours à l'ECT, l'électroconvulsivothérapie. Xavier Sourdeau est l'un d'entre eux. Il est Tournaisien. Depuis deux ans, son cerveau a subi des dizaines de décharges électriques. Et il se porte mieux.

Nous l'avons suivi lors d'une séance dite "d'entretien" à l'hôpital de Courtrai. Il s'agit de séances espacées (dans ce cas, d'environ six semaines) qui servent de piqûre de rappel pour éviter les rechutes. "La première fois qu'on m'a parlé des électrochocs, c'était pas évident. J'ai tout de suite pensé à Jack Nicholson dans Vol au-dessus d'un nid de coucous. Ça fait peur."

Une ampoule économique durant 0.2 secondes

Mais ce traitement psychiatrique radical a évolué. Aujourd'hui, les patients sont endormis. On leur injecte un relaxant musculaire pour éviter au maximum les mouvements du corps. La décharge dure 25 secondes et elle est de faible intensité. "C'est l'équivalent de ce qu'il faudrait pour allumer une ampoule économique durant deux dixièmes de seconde" précise le Dr Koen Titeca, le psychiatre responsable de l'opération à Courtrai.

Après une cure de plusieurs séances, 60 à 80% des patients vont mieux. C'est plus efficace qu'avec les antidépresseurs. Selon une hypothèse scientifique, l'électricité permet aux neurones de se régénérer et à des nouvelles connexions d'apparaître.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le cerveau n'est pas blessé dans l'opération. Il n'y a pas de lésions. Et les patients n'ont pas mal. Par contre, certains souffrent de problèmes de mémoire. C'est passager, assurent les médecins. Xavier Sourdeau, lui, trouve que ça dure un peu trop longtemps: "J'ai du mal à reconnaître et à me souvenir du nom de personnes que je connais pourtant bien".

Des problèmes de mémoire

Dans la salle d'opération, le Dr Titeca applique l'électrode qui va envoyer le courant sur la tempe droite de son patient: "On a fait ça, car il se plaignait de problèmes de mémoire. On en a parlé dans la chambre, ensemble. Ce placement devrait permettre d'améliorer les choses." 

Mais à part ça, et un léger mal de tête au sortir des séances, Xavier Sourdeau va mieux. "Je reprends goût à la vie. C'est grâce à ces chocs électriques, mais pas seulement. Je vois aussi un psychothérapeute, un ergothérapeute et je reçois beaucoup de soutien de la part de mes proches et du milieu associatif tournaisien. C'est un tout".

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