Les écoles ont-elles le droit de glisser dans le cartable de vos enfants des bons de réduction ?

Le concours lancé par Maniet-Luxus aux écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Le concours lancé par Maniet-Luxus aux écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. - © Capture d'écran du site Maniet-Luxus reprenant les conditions de participation au concours.

C’est une action qui pose question. Un concours lancé sur Facebook par une entreprise de chaussures, Maniet-Luxus, aux écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le post a été publié sur le réseau social le 26 août dernier, juste avant la rentrée des classes. Cinq jours étaient donnés aux participants pour s’inscrire. A la clé : 5000 euros pour la réalisation d’un projet scolaire.

Les écoles avaient ensuite deux mois pour rentrer leur dossier (jusqu’à la fin de ce mois d’octobre) sur base duquel un jury des chaussures Maniet doit trancher sur base de critères clairement définis par l’entreprise.

Au total près de 150 écoles y ont participé.

Le problème, c’est qu’après l’inscription, ces écoles ont reçu des bons de réduction à distribuer dans les cartables des enfants. Une activité, considérée comme commerciale, interdite par le Pacte scolaire.

Le responsable marketing de Maniet-Luxus refuse de parler d’action commerciale. Pour Jérémy Van Eeckhaute, la distribution de ces bons n’était pas obligatoire : "Quand ils ont reçu les bons de réduction après inscription, il était bien mis que c’était à leur bon vouloir et qu’ils pouvaient, s’ils voulaient faire plaisir aux parents d’élèves. Mais en aucun cas cela ne rentre dans une quelconque sélection de gagnants. Cela n’influe absolument pas sur un ranking. Et ce n’est pas une école qui aura distribué plus ou moins de bons qui aura plus ou moins de chance d’être l’école gagnante".

Une directrice d’école participante nous a confirmé qu’elle ne s’était pas sentie obligée de distribuer ces bons, mais elle l’a quand même fait.

Préserver les élèves de la publicité

La ministre de l’enseignement obligatoire, elle, rappelle que les élèves doivent être préservés contre ce genre de pratique : "Distribuer des bons d’achat dans le cartable des élèves, c’est interdit. C’est contraire à la loi du Pacte scolaire. Mais c’est une commission qui doit se pencher sur ce cas litigieux pour trancher ça. Mais cela contrevient effectivement aux prescrits de la loi", explique Caroline Désir

La loi indique clairement que "toute activité et propagande politique, ainsi que toute activité commerciale sont interdites dans les établissements organisés par les personnes publiques et dans les établissements d’enseignement libre subventionnés".

Une commission spéciale a d’ailleurs été créée pour traquer ce genre de pratique. Reste qu’elle ne statue que si une plainte est déposée. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

De son côté, la ministre, via son administration, compte conscientiser ces écoles sur l’objectif de cette loi.

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