Les directeurs d'école sont en colère: "Un métier difficile, mais essentiel" pour Olivier Remels

Les directeurs d'école sont en colère: "Un métier difficile, mais essentiel" pour Olivier Remels
Les directeurs d'école sont en colère: "Un métier difficile, mais essentiel" pour Olivier Remels - © RTBF

Trop de tâches administratives, pas assez de temps pour encadrer les professeurs et sentiment d'épuisement, le poste de directeur ne fait plus autant rêver. 400 directeurs de l'enseignement libre ont d'ailleurs écrit une lettre à la ministre de l'enseignement, Marie-Martine Schyns.

"Un rôle de plus en plus important"

"À l’évidence, c’est un métier difficile. À l’évidence, c’est aussi un métier essentiel dont chacun a besoin, la communauté scolaire en premier lieu. Je crois qu’il faut reconnaître et confirmer ce rôle essentiel. On voit bien aujourd’hui dans les réformes qui sont sur la table que ce rôle sera d’autant plus important dans le futur, pour accompagner le changement. Je crois qu’il faut à la fois reconnaître les difficultés qui sont les leurs aujourd’hui, qui sont certainement réelles", explique Olivier Remels, secrétaire général de la Fondation pour l’Enseignement.

Il comprend donc très bien cette lettre. "Je pense qu’il y a vraiment là toute une série de choses qui sont mises en évidence. Néanmoins, je voudrais qu’on fasse un petit pas de côté pour distinguer aussi les difficultés entre elles pour ne pas tout mélanger. On voit qu’en effet les directions d’école sont confrontées depuis très longtemps à des problèmes récurrents, liés notamment à la charge de travail et à la réglementation lourde…"

Et selon lui, "l’aspect bureaucratique n’a fait que croître et embellir avec le temps". Il précise: "Quand je dis embellir, c’est un euphémisme. Et donc, on voit très bien qu’il y a là toute une série de difficultés liées notamment à la gestion du personnel, à l’organisation des horaires, etc."

"Le niveau d'exigence augmente"

Olivier Remels, est d'accord pour dire qu'il s'agit d'"une vision assez alarmiste de ces questions du côté des directions d’école et on peut le comprendre." Mais il considère qu'il ne faut pas "confondre cela avec les difficultés qui sont peut-être maintenant les leurs face à une réforme globale, systémique, qui est liée à la gouvernance scolaire dans le pacte d’excellence et qui sont en fait de nature peut-être davantage temporaires." 

"En tout cas, on peut l’espérer, puisque c’est tout de même le chemin vers davantage d’autonomie et de responsabilisation des équipes pédagogiques locales, avec en effet un niveau d’exigence qui augmente."

Clarifier la charge professionnelle

"On sait très bien que le pacte s’est fixé toute une série d’objectifs légitimes et peu contestés pour améliorer la qualité et les résultats scolaires, améliorer les parcours et améliorer l’équité. Ça veut donc dire faire moins peser l’origine socio-économique des élèves sur les résultats et la réussite scolaire et améliorer le climat et le bien-être à l’école. Tout ça sont des objectifs auxquels chacun peut souscrire, mais qui évidemment sont des objectifs donc les directeurs d’école vont devoir se saisir. Et alors se posent la capacité d’action des directeurs et les défis qui en découlent", ajoute le directeur.

La question des moyens se pose donc selon lui, car pour l'instant il s'agit surtout d'une période transitoire."On est ici avec des questions encore du côté des directions sur la clarification de la charge professionnelle pour remplir les missions et les nouvelles missions qui seront celles d’enseigner bien entendu, mais aussi toute une série de services rendus à l’école, le développement des pratiques collaboratives essentielles dans le pacte d’excellence et dans cette nouvelle gouvernance, dans ces nouveaux plans de pilotage, qui sont réellement au-delà de plans, en réalité le développement d’une approche collaborative entre les équipes pédagogiques."

Redonner de l'attrait à la fonction de directeur

Et ce n'est pas le peur du changement qui pose problème aux directeurs: "Ca demande une formation des équipes, une préparation, une mise à niveau, une capacité de mobiliser des compétences qui peut-être étaient présentes, mais au niveau latent, et qu’il faut pouvoir activer. Et donc, le développement des pratiques collaboratives est évidemment essentiel." 

Dès lors, une certaine forme de découragement peut se présenter chez les jeunes qui veulent se lancer dans le métier, explique-t-il. Mais Olivier Remels tient à faire passer un message positif et "mettre en évidence que cette nouvelle configuration, ce pacte d’excellence et la nouvelle gouvernance vont redonner au fait beaucoup de sens et beaucoup d’attrait à la fonction de directeur d’établissement. Notamment par une plus grande autonomie, une plus grande capacité à animer pédagogiquement ses équipes, ce qui est l’essentiel du métier de directeur en effet et qui est peut-être passé au fil du temps un peu au second plan par rapport à la gestion administrative, à la gestion scolaire administrative."

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