Les dessins animés, "un foyer de meurtre et de désordre", selon une étude

Les dessins animés plus violents que les films pour adultes, selon une étude
Les dessins animés plus violents que les films pour adultes, selon une étude - © Belga

Les dessins animés pour enfants sont plus violents que les films pour adultes. C'est ce qu'affirment les auteurs d'une étude publiée dans le British Medical Journal. Les personnages principaux auraient trois fois plus de risque d'être tué que dans les films destinés aux adultes.

Dans deux dessins animés sur trois, l'un des personnages principaux meurt. Il n'en faut pas plus aux auteurs de l'étude pour conclure que les dessins animés, qu'on pensait être des versions édulcorées de nos fictions pour adultes, sont "un foyer de meurtre et de désordre".

Il est vrai que les exemples de meurtres et d'accidents ne manquent pas. Depuis 1942, Bambi, petit faon oprhelin, a fait pleurer des générations d'enfants. En 1994, le lionceau Simba perdait son papa, assassiné par son oncle Scar. Plus proche de nous, dans La Reine des neiges, les parents des jeunes princesses Elsa et Anna trouvent la mort dans le naufrage de leur bateau.

Une mort "utile"

Bref, les exemples ne manquent pas. Mais est-ce vraiment un problème ? Pour Yves Collard, formateur au centre de ressources en éducation aux médias, la mort d'un proche est parfois un ingrédient nécessaire au scénario du dessin animé. "Dans beaucoup de films d'adultes, la mort est inutile. Tandis que dans beaucoup de films pour enfants, la mort a une utilité. Elle va aider les enfants à grandir. Quand les parents meurent, les enfants sont obligés de grandir à leur tour."

Ces histoires tristes auraient aussi une vertu : aider les enfants à répondre aux questions existentielles qu'ils se posent, à condition d'être encadrés par un adulte. "Dès l'âge de quatre ou cinq ans, les enfants commencent à se poser énormément de questions sur la mort, assure Yves Collard. C'est le moment pour les parents de dire à leurs enfants 'la mort fait partie de la vie'. Cela permet d'entamer un dialogue éducatif et pédagogique".

L'évolution des normes culturelles

Blanche-Neige et les Sept Nains, sorti en 1937, est le premier long métrage d'animation des studios Disney. La marâtre de la princesse meurt en tombant d'une falaise, poursuivie par une horde de nains en colère. Dire que la violence dans les dessins animés est un phénomène nouveau serait donc une erreur. "Mais il y a sans doute une évolutions des normes culturelles, analyse Yves Collard. On accepte peut être des choses différentes qu'il y a quelques génération." Les évolutions technologiques sont aussi passées par là. "Il y a une certaine esthétisation de la violence, estime Yves Collard. Non pas qu'on soit plus violents aujourd'hui que dans le passé, mais l'image est plus précise est plus fine. Ce qui peut donner l'impression d'une plus grande violence".

Barbara Schaal

 

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