Les demandeurs d'asile originaires d'Amérique latine, en augmentation dans notre pays

Les demandeurs d’asile originaires d’Amérique latine, en augmentation dans notre pays
Les demandeurs d’asile originaires d’Amérique latine, en augmentation dans notre pays - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le nombre de demandeurs d’asile en provenance d’Amérique latine est en augmentation, en Belgique. Les Venezueliens sont plus nombreux avec 445 demandes selon les chiffres du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), mais là où la hausse est la plus spectaculaire, c’est dans les demandes d’asile introduites par des Salvadoriens. Le Salvador pointe d’ailleurs à la troisième place des demandes de protection pour le mois d’octobre. Au cours des 10 derniers mois, c’est 1006 demandes qui ont été introduites par des personnes originaires du Salvador. C’est du jamais vu.

Pour le porte-parole du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides, Damien Dermaux, la raison est double : "il faut avoir de l’argent, il faut avoir un passeport, mais à partir du moment où on a ces deux éléments, il n’y a pas d’obligation de visa pour entrer dans l’espace Schengen. Une fois qu’on a les moyens, c’est dès lors assez facile de venir en Europe. La présence de communautés, de diaspora sur un territoire, est aussi un facteur d’attraction très fort. A partir du moment où une communauté salvadorienne était présente, ici en Belgique, ça a attiré d’autres membres de cette même communauté. Et puis pour ce qui est de la Belgique, il y a une question de perception. Il y a une perception que la Belgique est un pays généreux, un pays dans lequel la procédure d’asile fonctionne bien, et que les structures d’accueil fonctionnent bien également, et dans lequel, il y a un taux de protection important. La Belgique est aussi, de manière générale, un bon élève en matière de respect des directives européennes, en matière de procédures et d’accueil. Eh bien, cette perception peut également jouer", souligne-t-il.

La situation politique problématique du Salvador, et la violence des gangs armés expliquent aussi pourquoi les Salvadoriens cherchent refuge ailleurs.

Le Salvador, mais aussi la Colombie et peut-être la Bolivie

Augustin fait partie des quelque 274 Colombiens, ayant introduit une demande d’asile cette année. Depuis une semaine, il dort dans un centre Fedasil. Pour lui, quitter la Colombie était la seule solution. "Mon frère et moi, nous avons été menacés par des groupes armés", nous raconte Augustin. Il ajoute qu’avec les troubles en Bolivie et au Chili, le nombre de demandeurs d’asile pourrait augmenter dans les prochains mois. "C’est une sorte de répression que vivent tous les peuples d’Amérique Latine. Si lorsqu’on se rebelle, ils nous tuent. La seule solution est de fuir", affirme Augustin.

Et s’ils fuient, c’est afin d’obtenir l’asile. Et selon les chiffres du Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), les Salvadoriens ont de bonnes chances de l’obtenir. 77% d’entre eux ont obtenu le statut de réfugiés. Pour les Colombiens, comme Augustin, c’est déjà nettement plus compliqué. Seuls 13% d’entre eux ont décroché le sésame en 2019.

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