Les Débrouillards: Isabelle, entre troc et tableaux Excel

Ancienne secrétaire, Isabelle Van Wayenbergh a été victime d’un burn-out en 2008, puis a dû subir une opération de la moelle épinière. Contrainte de ne plus travailler en élevant seule ses quatre enfants, elle a appris à se débrouiller avec de petits revenus.

La première décision de cette mère de famille a été de se passer de voiture : « Habiter dans un village, où il n’y a que deux bus par jour, cela n’aurait pas été possible », confirme-t-elle. Elle a donc opté pour le centre-ville d’Ath, proche de toutes les commodités et bien desservi en transports en commun.

Quand une voiture s’avère néanmoins indispensable, elle peut compter sur tout le réseau qu’elle s’est créée au fil des années : le troc et l’échange de services font partie de ses nouvelles habitudes. C’est donc son amie Caroline qui passe la prendre deux fois par mois pour aller faire les courses les plus volumineuses.

En échange, elle recevra des fruits qu’Isabelle a en surplus ou des conseils pour fabriquer ses produits d’entretien maison. « Il faut se créer un réseau. Si on reste seul dans son coin, on ne va pas s’en sortir. Sans l’aide des autres, avec les revenus que j’ai, je ne pourrais pas mettre un peu de côté », insiste notre débrouillarde.

Avec une bonne alimentation, on tombe moins malade. Donc on fait des économies sur les soins de santé

Grâce à ses systèmes D, Isabelle est parvenue à diminuer de près de 150 euros le budget nourriture mensuel de sa famille. Elle passe en revue son garde-manger : « Il y a une partie qui vient de la banque alimentaire, une autre qui provient d’un achat groupé ».

Véronique, une autre amie, arrive avec du cerfeuil de son jardin, qu’elle troquera contre des carottes et des pommes. Les deux femmes fréquentent assidûment un groupe Facebook de troc de nourriture sur Ath. Isabelle espère aussi remettre en route un potager dès le retour des beaux jours.

Attentive à ses dépenses, elle l’est aussi à la qualité de ce qu’elle met dans les assiettes : jamais de plats préparés, d’aliments gras ou trop sucrés. « Avec une bonne alimentation, on tombe moins malade. Donc on fait des économies sur les soins de santé », insiste-t-elle. Si on est un peu débrouillard, petit budget et alimentation saine ne sont donc pas incompatibles.

Jusqu’au dernier centime

Mais ce qui permet vraiment à Isabelle de sortir la tête de l’eau, c’est sa « vieille bécane », un ordinateur parfois un peu poussif, mais sur lequel elle tient tous ses comptes avec une rigueur implacable. La moindre dépense est encodée dans ses tableaux Excel, jusqu’au dernier centime.

« Tous les tickets de caisse, toutes les factures sont repris par catégorie. Tout est quantifié, avec une somme à ne pas dépasser par mois pour chaque poste. Pour les dépenses alimentaires, j’établis un budget hebdomadaire, et j’essaie de ne pas dépasser 100 euros par semaine. »

La gestion rigoureuse du budget passe aussi par l’épargne. Isabelle met chaque mois de l’argent de côté, pour faire face aux éventuels coups durs, mais aussi pour pouvoir permettre à sa famille un petit extra de temps en temps : « Cette année on sait qu’on ne partira pas en vacances, mais on sait que dès janvier prochain, cinquante euros seront mis de côté chaque mois pour partir en 2021 ».

Isabelle est prévoyante, organisée et cela la rassure : « Je peux dormir sur mes deux oreilles, car je sais qu’il ne me manquera que quelques euros à la fin du mois pour boucler mon budget ».

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