Les couples mixtes toujours plus nombreux, mais encore victimes de rejet

Les couples mixtes toujours plus nombreux, mais encore victimes de rejet
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Les couples mixtes toujours plus nombreux, mais encore victimes de rejet - © Tous droits réservés

En Belgique, 1 mariage sur 6 est mixte, selon Statbel. 8005 mariages ont été célébrés en 2016 entre un Belge et une personne de nationalité étrangère, sur 44725 mariages en tout. Vingt ans plus tôt, seul 1 mariage sur 9 était mixte.

Le nombre d'unions entre Belges d'origines différentes est encore plus important, bien que difficile à chiffrer. Des études montrent que les sites de rencontre favorisent la mixité sociale, en permettant de sortir de sa sphère socio-culturelle.

L'application de rencontre Tinder a commandé une étude sur la diversité dans les rencontres en ligne. Cette étude révèle qu'en France, 8 utilisateurs de Tinder sur 10 ont eu un rendez-vous avec une personne d'origine différente.

"La multiculturalité pose problème une fois qu'elle concerne la sphère intime"

Bien que les couples mixtes soient de plus en plus nombreux, ils restent parfois victimes de rejet. C'est le cas de Morgane, belge, et Younès, belge d'origine marocaine. Ils sont ensemble depuis quatre ans, mais leur relation n'a jamais été acceptée par la famille de Younès.

Le couple a tout de même décidé de se marier, mais en l'absence des parents. "Lorsque j'ai annoncé à mon père que j'allais me marier, il m'a dit que j'irais tout seul à la commune. Je lui ai répondu 'quand j'aurai des enfants, tu ne voudras pas les voir non plus?' Il a été catégorique et m'a dit 'non, tu ne rentres pas avec ta femme et tes enfants ici' " raconte Younès.

Selon Assaad Azzi, professeur de relations interculturelles à l'ULB, c'est une fois que la multiculturalité entre dans la sphère intime qu'elle commence à poser problème pour l'entourage. "Dans les domaines économique, politique et social, l'ouverture est assez importante. Mais beaucoup moins dans les relations familiales. Une fois qu'on touche aux relations intimes, à la sexualité, à la reproduction, les gens sont beaucoup plus conservateurs. Aussi bien les minorités que les majorités tentent de protéger la vie familiale. Il y a vraiment une crainte de perte de transmission de la culture".

"On se sent abandonné"

Ce "protectionnisme" familial peut conduire à des situations dramatiques, où il faut choisir entre couple et famille. Auparavant, Younès voyait ses parents au moins quatre fois par semaine. Aujourd'hui, ils n'ont plus de contact. "On se sent abandonné" explique Younès. "C'est comme si on n'avait plus de parents".

Dans la famille de Morgane, la relation a été mieux acceptée, hormis par son père. "Il n'a jamais répondu à nos invitations, il ne demande jamais des nouvelles de Younès. Nous sommes mariés et pourtant, mon père fait comme si j'étais célibataire" conclut-elle.

 

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