Les coraux asiatiques meurent en masse, selon des scientifiques

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Les coraux du sud-est asiatique et de l'océan Indien meurent en masse, victimes du pire phénomène de mortalité en dix ans provoqué par le réchauffement des eaux, ont déclaré mardi des scientifiques australiens.

Sous l'effet d'un afflux d'eau chaude dans l'océan Indien, les coraux ont blanchi, avant de mourir, sur des récifs allant de l'Indonésie jusqu'aux Seychelles, a indiqué le centre australien d'études des récifs coralliens.

Les récifs des Philippines, du Sri Lanka, de Birmanie, Thaïlande, Malaisie et Singapour ont également été touchés par le même phénomène dû à l'augmentation de la température de l'eau.

Le pire épisode connu ?

"Il s'agit certainement du pire épisode de mortalité des coraux depuis 1998. Il pourrait s'avérer être le pire connu par les scientifiques", a indiqué Andrew Baird, l'un des chercheurs.

Conséquence du réchauffement climatique?

Selon Andrew Baird, l'amplitude du phénomène est si grande et la hausse de la température de l'océan tellement plus forte que la normale par endroits, qu'il s'agit "presque certainement d'une conséquence du réchauffement climatique".

Le phénomène actuel est comparable à celui de 1998, quand des eaux plus chaudes avaient affecté les barrières de corail du monde entier.

Il est encore trop tôt pour dire si la Grande Barrière de Corail australienne, un site touristique réputé pour son exceptionnelle biodiversité marine, sera affectée, a ajouté le scientifique.

En revanche, les coraux de la mer d'Andaman et du centre du Pacifique risquent d'être touchés, a-t-il affirmé.

Extinction massive

Depuis de nombreuses années, les scientifiques attirent l'attention sur le phénomène. Le corail abrite des millions d'algues unicellulaires, qui lui donnent ses couleurs flamboyantes. Ces algues ne supportent toutefois pas les hausses de température des eaux. Lorsque ces micro-algues meurent, le corail se décolore et se transforme en un squelette calcaire. C'est la "mort blanche", un phénomène heureusement réversible lorsque les atteintes demeurent limitées.

Pour le professeur Jen Veron, "nous sommes en train de précipiter une extinction massive ». Pour ce spécialiste des coraux, les bancs de corail sont "le premier écosystème vraiment important destiné à disparaître en raison du changement climatique ".

Les récifs coralliens constituent des réserves incomparables de biodiversité marine. De très nombreuses espèces ont en effet besoin de ces récifs pour vivre, se nourrir ou se reproduire. La disparition du corail engendre donc la disparition de ces espèces colonisatrices. Déjà 20% des récifs ont disparu, 25% sont dans un état critique et 25 autres % sont menacés selon certaines études.

Thomas Nagant avec Belga

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